François-Xavier Bellamy s’est trouvé dans une situation cocasse ce 28 avril au matin. À sa gauche, dans l’hémicycle du Parlement européen, à Strasbourg, socialistes et écologistes applaudissaient le rejet d’un rapport rédigé par l’eurodéputé lepéniste Julien Sanchez. À la droite du numéro deux des Républicains, les élus du groupe Patriots for Europe, où siège le Rassemblement national, battaient eux aussi des mains avec enthousiasme.
Le labeur d’un des leurs venait pourtant de partir en fumée. Julien Sanchez, poids lourd du RN et récent candidat à la mairie de Nîmes, avait été chargé il y a quelques mois d’un rapport sur la lutte contre la fraude et pour une plus grande transparence dans le fléchage des fonds européens. Sujet aride mais consensuel. La preuve : en commission, l’ex-maire de Beaucaire était parvenu à le faire adopter grâce à un soutien des conservateurs d’ECR et de la droite libérale du PPE – celle où pointe François-Xavier Bellamy.
Un coup de canif supplémentaire dans le « cordon sanitaire » qui marginalise les troupes de Jordan Bardella. Sauf que la gauche s’était préparée à l’atterrissage en hémicycle du texte, certes non contraignant mais à forte teneur politique. Les sociaux-démocrates et écologistes français, parmi lesquels Chloé Ridel, coordinatrice à Paris du programme du PS et rivale gardoise de Julien Sanchez, ont fait amender le rapport pour le rendre invotable pour l’extrême droite.