Julien Sanchez, le lepéniste qui pourrait bien finir par remporter la bataille à Nîmes

Julien Sanchez, le candidat du RN arrivé en tête du premier tour, lundi à Nîmes.
LTD /MiKäEL ANISSET / LE MIDI LIBRE / MAXPPP

Julien Sanchez, le candidat du RN arrivé en tête du premier tour, lundi à Nîmes.
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Il y a deux mois, le Rassemblement national n’avait pas encore sa tête d’affiche municipale à Nîmes. Est-ce là-bas qu’il peut créer ce soir une des surprises de ce scrutin ? Son candidat de 2014 et de 2020, Yoann Gillet, élu député depuis, n’a pas souhaité réitérer l’expérience – qui s’est soldée il y a six ans par un premier tour à 14 % – et a pris goût au mandat parlementaire.
C’est finalement Julien Sanchez qui est parti, après moult tergiversations, à l’assaut de la préfecture du Gard. Bien lui en a pris : le vice-président du RN, qui a déjà occupé la fonction de maire, mais à Beaucaire, une vingtaine de kilomètres plus loin, est arrivé en tête le 15 mars avec 30,4 % des exprimés. Du jamais-vu. Sa dynamique l’a mis d’un cheveu devant le favori de l’élection, Vincent Bouget, candidat d’union de la gauche (hors Insoumis) issu du Parti communiste.
Julien Sanchez s’est surtout réjoui d’avoir creusé un écart de presque 11 points avec Les Républicains dans la seule ville de plus de 100.000 habitants où ils étaient sortants. Leur tête de liste, Franck Proust, n’a recueilli dimanche dernier que 19,5 % des voix dans un fief détenu par la droite depuis un quart de siècle. Sa candidature a été lourdement handicapée par celle de Julien Plantier, étiqueté Renaissance et, comme lui, ancien premier adjoint de Jean-Paul Fournier, édile LR qui raccroche les gants. Leur adversaire d’extrême droite pronostiquait dès son entrée en campagne, fin janvier, qu’ils finiraient en troisième et quatrième places – et que leur fusion pour le second tour ne ferait pas recette auprès des Nîmois.
Ce dernier point reste à vérifier. Militant d’expérience, encarté dès le lycée au Front national de Jean-Marie Le Pen, Julien Sanchez sait que sa victoire ce 22 mars n’est pas jouée. « Le “coco” a 70 % de chances de l’emporter », disait l’un de ses plus proches quelques jours avant le premier tour. Le PCF, qui a plusieurs fois dirigé Nîmes après la Seconde Guerre mondiale, y compris dans les années 1990, a régénéré son implantation. Deux cantons de la préfecture gardoise ont intégré son escarcelle lors des départementales de 2021. C’est d’ailleurs Vincent Bouget qui, à l’époque, en a ravi un à la droite.
Marine Le Pen surveille cette élection à suspense, où trois tiers sociologiques quasi égaux se font face. Franck Proust et Julien Plantier ont totalisé 35 % le 15 mars, prenant l’avantage sur le papier, mais les reports de voix ne sont jamais arithmétiques. A fortiori lorsque les néocomplices ont passé des mois à se taper dessus. Vincent Bouget dispose, lui, d’une petite réserve grâce aux 4 % du candidat LFI.
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« On espère gagner, mais une victoire du PCF nous arrangerait, raisonne un stratège frontiste, car on pourra dire que c’est de la faute de la droite. » Celle-ci aurait pu, autrement dit, barrer la route à la gauche en s’alliant au RN. Certains colistiers de Franck Proust ont poussé dans ce sens en début de semaine, sans succès. Le rejet du macronisme incitera-t-il des électeurs LR à opter pour un lepéniste aussi assumé que Julien Sanchez ? Si elle advenait, la conquête de Nîmes serait vite brandie par Jordan Bardella pour tempérer l’échec de son parti dans les grandes métropoles.