LA TRIBUNE DIMANCHE – Peut-on vraiment parler d’un accord alors que le FLNKS [Front de libération nationale kanak et socialiste] n’a pas participé aux négociations ?
NAÏMA MOUTCHOU – L’accord Élysée-Oudinot est un cadre commun pour avancer. Le FLNKS a été invité comme les autres. Il a fait le choix de ne pas venir. Dont acte. Mais il ne peut pas bloquer un processus entier dans lequel cinq forces politiques sur six, indépendantistes et non-indépendantistes, progressistes et centristes, se sont engagées. L’enjeu est clair : redresser le territoire. La Nouvelle-Calédonie n’a pas les moyens d’attendre que le FLNKS revienne. La pire des choses pour les Calédoniens, ce serait de rester figé. Cela dit, comme je l’ai toujours indiqué : la porte reste ouverte.
Les représentants calédoniens attendaient des engagements financiers de la part de l’État. Quels sont-ils ?
Dès sa nomination, le Premier ministre a engagé un pacte de refondation économique de 2,2 milliards d’euros sur la période 2026-2030, que les partenaires ont souhaité consolider. J’ai pris des engagements concrets par plusieurs amendements votés au projet de loi de finances [PLF] 2026 pour un total de 300 millions d’euros : sur le nickel, sur l’attractivité économique, sur la jeunesse.
Au protocole financier que nous avons signé avec les partenaires calédoniens lundi s’ajoutent 60 millions d’euros de subventions supplémentaires pour 2026, deux années blanches en 2026 et 2027 pour les remboursements de prêts et 10 millions d’euros au titre de la solidarité républicaine pour les dépenses sociales de proximité. L’État est au rendez-vous.