ENTRETIEN – Observateur acéré de la vie politique, le sénateur des Hauts-de-Seine appelle chacun à défendre « l’intérêt du pays » plus que ses « intérêts électoraux ».LA TRIBUNE DIMANCHE – Concrètement, quelle issue voyez-vous à la crise politique ? On a le sentiment lassant d’un jour sans fin…
HERVÉ MARSEILLE – Nous avons une obligation de résultat. Les parlementaires, notamment de l’opposition, ont suffisamment fustigé le corset que constituent les institutions de la Ve République. Ils ont la capacité unique de pouvoir montrer que le Parlement est responsable, qu’il est majeur, et qu’il peut trouver des solutions. Eh bien, chiche ! On va voir ce que ça donne dans les prochains jours, soyons optimistes et pensons que l’esprit de responsabilité pourra prévaloir en permettant au pays de sortir de la crise par le haut.
Donc il existe encore une chance sérieuse que Sébastien Lecornu échappe à la censure ?
Quand on se bat comme il le fait après François Bayrou et Michel Barnier pour essayer de sortir le pays de l’ornière, on l’espère. Sans cet espoir-là, on ne fait pas ce boulot-là.
Que traduit cette incapacité générale à trouver un compromis ?
Chacun défend ses idées, sa posture et ses intérêts électoraux plutôt que l’intérêt du pays. La question de l’intérêt général n’est pas bien rentrée dans tous les esprits. Partant du principe qu’il doit y avoir beaucoup d’efforts, comment faire pour que tous les Français ressentent qu’ils sont justes et bien répartis ? C’est ce qu’on appelle l’équité fiscale. Mais, malheureusement, cela se traduit visiblement par des impôts nouveaux et une aggravation des prélèvements. Concernant la piste qui est celle de l’amélioration du pouvoir d’achat pour les Français, les mesures envisagées se heurtent à des difficultés budgétaires majeures, avec la menace constante de censure par la gauche comme par le RN.