La chronique de Guillaume Durand. Une exécution et une ascension
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Chaque mois, Guillaume Durand plante sa plume dans le coeur des politiques.
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Lorsque La Tribune Dimanche m’a demandé d’écrire un panorama sur l’actualité, le titre du roman d’Anatole France de 1912, Les dieux ont soif, s’est imposé comme l’anticipation de ce qui va se passer jusqu’en 2027 : la violence partout. La politique est une littérature en action. Le livre raconte l’histoire d’un artiste, Évariste Gamelin, jeune peintre robespierriste pendant la Terreur, juré au Tribunal révolutionnaire. Les exécutions se multiplient. Anatole France montre la transformation de l’idéalisme en folie meurtrière. Gamelin finira guillotiné comme son maître.
Romancier classique, premier Français à recevoir le prix Nobel, A. France fut très vite la tête de Turc des surréalistes. Ils lui organisèrent un enterrement symbolique : «Avez-vous déjà giflé un mort ?» écrivit Aragon jubilant. La Révolution française est notre clivage absolu. Le meurtre est une commodité civilisationnelle comme le mensonge. Et si la haine règne aujourd’hui, les journalistes ne peuvent s’en exonérer.
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Depuis trois jours, beaucoup de Français se demandent pourquoi un ancien président va être incarcéré sans preuve, sans même que ses avocats aient épuisé toutes les voies de recours. Le réquisitoire se voulait lyrique, au nom d’un «pacte de corruption faustien avec un des dictateurs les plus infréquentables de ces trente dernières années». La magistrature lit Goethe, bonne nouvelle ! Mais ça ne fera pas oublier que seuls deux de ses membres, Paul Didier et Georges Galy-Gasparrou, n’ont pas prêté serment au maréchal Pétain en 1941 !