Loin des clichés, enquête sur une pratique qui mobilise les ressources du cerveau.Ils ne se connaissent pas, mais ce lundi soir, Charles, 41 ans, et Florence, 55 ans, sont assis dans la même pièce. Ils occupent deux gros fauteuils en cuir noir d’un cabinet médical parisien. Un peu plus tôt, le docteur Jean-Marc Benhaiem les a reçus individuellement dans une pièce voisine pour leur demander le motif de leur consultation, leur parcours et leurs motivations.
Tous les deux sont venus pour arrêter. Charles fume, « beaucoup trop depuis trop longtemps ». Florence vapote. « J’en ai marre », dit Charles. Marre d’y penser, marre de sortir fumer, surtout marre parce que son corps ne suit plus. Sportif, il sent l’essoufflement. Papa d’une petite fille, il culpabilise. Et, surtout, il doit subir une greffe de ligament au pied : « C’est hyper important que j’arrête pour bien cicatriser. »
Florence, elle, vapote depuis 2013. Le tabac est loin, mais la dépendance est restée. Avant même l’hypnose, le Dr Benhaiem pose le cadre. Pas de promesse, pas de miracle. « L’important, c’est que vous soyez sincères, dit-il. Vous voulez vraiment changer pour plein de raisons… et c’est ça qui compte. » Très vite, le médecin renverse la logique habituelle. Ici, on ne va pas convaincre l’esprit. « La tête, c’est bon, elle a tout compris, poursuit-il. C’est le corps qui est le guide. »
Charles et Florence ferment les yeux. La consigne revient plusieurs fois : quitter l’analyse, revenir aux sensations. « Chaque fois que vous remontez dans l’intellect, descendez dans vos pieds. Ressentez le sol, les jambes, la respiration. »