Comment fumer est devenu ringard
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La proportion de fumeurs quotidiens à 16 ans a été divisée par cinq, passant d’environ 16 % en 2015 à 3 % en 2024.
Doriano Strologo pour La Tribune Dimanche
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La proportion de fumeurs quotidiens à 16 ans a été divisée par cinq, passant d’environ 16 % en 2015 à 3 % en 2024.
Doriano Strologo pour La Tribune Dimanche
Il est rare de voir des spécialistes en santé publique commencer une conférence de presse avec le sourire et un ton léger et enjoué. C’est pourtant ce qui s’est passé le 15 octobre à l’occasion de la présentation des dernières données sur le tabagisme par Santé publique France.
La meilleure des nouvelles ? Entre 2014 et 2024, la France a décompté 4 millions de fumeurs quotidiens en moins. « Nous sommes à 18 % de fumeurs quotidiens chez les adultes : c’est la première fois que l’on passe sous la barre des 20 %, se réjouit Viêt Nguyen Thanh, responsable de l’unité addictions à Santé publique France. C’est vraiment historique et c’est une très bonne nouvelle pour la santé des Français. »
Et la tendance pourrait s’inscrire dans la durée, à observer les tendances de consommation chez les adolescents : selon les données publiées en septembre par l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT), la proportion de fumeurs quotidiens à 16 ans a été divisée par cinq, passant d’environ 16 % en 2015 à 3 % en 2024. Cela permet à la France de se classer parmi les meilleurs élèves
européens.
« Dans mon lycée, une toute petite partie des élèves fument des cigarettes ; en revanche, une grande majorité prennent des cigarettes électroniques, ça a une image plus cool », explique Alice, 17 ans, en classe de terminale à Paris. Chez les plus jeunes, la même image dégradée du tabac est relevée. « Fumer pour que ça soit dangereux, je ne vois pas bien l’intérêt », estime avec assurance Athina, collégienne de 11 ans, fille d’une maman fumeuse. « C’est horrible, ça sent mauvais et ça peut faire mourir », enchérit son copain Timothée.
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Comment l’image du tabac s’est-elle autant ringardisée ? « C’est probablement l’effet de toutes les mesures de politique publique menées depuis dix ans, estime Viêt Nguyen Thanh, voire depuis vingt ou trente ans : faire en sorte que l’on sache que le tabac est dangereux pour la santé, qu’il n’est pas un produit de consommation courante, qu’il ne puisse pas être consommé dans un certain nombre de lieux publics. Tout cela a dénormalisé le tabac. »
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