La fille de François Bayrou espère que son livre sur « le déni » constituera un point de bascule dans la révolution sociétale qu’elle entend mener avec les hommes. Portrait d’une écorchée.En avalant un café et un croissant, Hélène Perlant impose le tutoiement comme une nécessité, celle de faire sauter toutes les barrières. C’est un torrent de pensées, de mots qui butent, de soupirs et parfois de larmes qui s’échappent d’elle. Comme si elle jouissait de cette nouvelle liberté après avoir vécu 30 ans enfermée dans « le déni », titre de son livre paru jeudi 26 mars chez Michel Lafon, qu’elle a écrit en deux mois au milieu des cours qu’elle donne en khâgne à Bordeaux.
Sous sa frange rousse, entre deux cigarettes, elle se livre à une séance de photos en se faisant violence : « Je n’aime pas me faire prendre en photo et je n’aime pas ma gueule. » Elle a détesté ces clichés très posés d’elle devant Bétharram publiés par Paris Match au printemps dernier, lorsqu’elle a révélé avoir, elle aussi, été victime du système pervers de ce sanctuaire catholique des Pyrénées-Atlantiques.
Aujourd’hui, à 54 ans, la fille de François Bayrou entend mener « une révolution », « un tsunami de délivrance, que chaque témoignage qui arrive crée une nausée dans la société jusqu’à l’horreur ». Elle s’imagine très précisément défiler le 8 mars 2027, hommes et femmes unis par cette douleur omniprésente et invisible que portent toutes les personnes victimes de violences physiques et sexuelles.
« Une fête pour que la France se libère du viol. Il faut inventer un geste qui nous permet de nous reconnaître entre nous, de dire “j’en suis, ce qu’on va faire est magnifique” », s’enflamme-t-elle dans un sourire franc, espérant créer la « tribu des délivrés ».