À Pau, la gauche se divise et François Bayrou se tait

Francois Bayrou, le 10 septembre à Matignon.
LTD/REUTERS/Stephanie Lecocq

Francois Bayrou, le 10 septembre à Matignon.
LTD/REUTERS/Stephanie Lecocq
« Beaucoup de Palois nous disent ‘on n’en veut plus de Bayrou’, car ils se sentent délaissés. Ils disent aussi ‘rassemblez-vous’ pour y arriver », assure Jérôme Marbot, candidat socialiste à la mairie de Pau (Pyrénées-Atlantiques). L’avocat de 49 ans dévoile son credo, la proximité : « L’état dégradé de leur quartier est ce qui préoccupe le plus les électeurs. C’est pourquoi nous organisons, en plus des réunions, des randonnées se terminant par un goûter pour recueillir les suggestions qui nourriront le programme présenté fin janvier », poursuit celui qui a été adoubé samedi dernier par quatre autres partis, le Parti communiste, Génération.s, Génération écologie et L’Après. Mais dans cette ville de près de 80.000 habitants dirigée par les socialistes de 1971 à 2014, l’union de gauche est encore partielle.
L’officialisation de la candidature de celui qui était arrivé en seconde position en 2020 a coupé les ailes à la primaire initiée par Jean-François Maison de Place publique et l’écologiste Jean-François Blanco. Refusée par trois candidats – Pascal Boniface (liste citoyenne), Jérome Marbot et l’Insoumis Silvano Marian- elle devait réunir deux autres candidats. Ou plutôt un, car samedi, à une semaine de la primaire prévue dimanche prochain, le prénommé « Marc Dupuis », qui se disait favorable à la création d’une salle de shoot et la fermeture de l’aéroport selon ICI Béarn Bigorre, s’est révélé fictif.
Une annonce qui a provoqué une recomposition de l’échiquier politique, avec le retrait de Maison et l’annonce de la candidature de Marian. « J’ai déposé plainte. C’est une opération de déstabilisation alors que nous souhaitions avec cette initiative démocratique rassembler dans une logique gagnante », déplore Jean-François Blanco. Ce défenseur des victimes de l’institution catholique Bétharram - où la femme de François Bayrou a enseigné et ses enfants étaient scolarisés -, négocie désormais avec la France Insoumise : « nous avons bien avancé sur le programme, sommes d’accord sur la gouvernance et dans une discussion ouverte sur l’incarnation, Marian étant chef de file et non pas tête de liste », détaille celui qui est convaincu que l’élection locale sera dominée par « le contexte national ».
Sous-entendu, une situation dans laquelle l’ex-Premier ministre, qui a quitté Matignon il y a trois mois après l’échec du vote de confiance, a sa part de responsabilité. « Nous restons ouverts aux discussions, mais l’heure est venue d’entrer en campagne que nous souhaitons porteuse d’espoir. Il est temps de changer d’ère », insiste Jérôme Marbot.
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Français Bayrou s’est pour sa part astreint, volontairement à une cure de silence. À droite, l’un de ses proches, Philippe Arraou s’est déclaré, tout comme le souverainiste Reynald Cronier et Margaux Taillefer pour le RN. À 26 ans, cette collaboratrice d’Edwige Diaz, députée de Gironde et vice-présidente du parti de Marine Le Pen, compte bien profiter, elle aussi, de la situation difficile de celui qui porte l’écharpe tricolore depuis dix ans et dépasser l’exploit des dernières législatives (29%). Tous, dans cette ville au pied des Pyrénées, savent cependant que tant que l’intéressé, 73 ans, n’a pas déclaré sa candidature, la course n’aura pas réellement commencé. Or, en 2020, il avait attendu fin janvier.
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