« Nous sommes #MeTooÉcole » : lettre ouverte au président de la République

Fondé le 20 novembre, le collectif #MeTooÉcole est composé de parents d’élèves.
LTD/Shutterstock

Fondé le 20 novembre, le collectif #MeTooÉcole est composé de parents d’élèves.
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À l’attention de Monsieur le Président de la République,
Un parent ne devrait jamais avoir à écrire ces lignes, mais nous le devons à nos enfants.
Nous sommes #MeTooÉcole. La voix de parents, de citoyens, d’enseignants unis dans un même combat : lutter contre les violences faites aux enfants dans les écoles.
Tout commence par des pleurs, des peurs, des cauchemars ou des comportements inhabituels. On relativise… jusqu’au jour où une information révèle que ces changements sont les conséquences de violences physiques, morales ou sexuelles.
Comment imaginer que l’on puisse confier son enfant à l’école en toute confiance et que de tels actes puissent y être commis ? Comment accepter que des signalements aient été faits mais qu’aucune action n’ait été prise, laissant l’omerta et l’impunité régner ? Derrière ces faits, c’est toute une culture de la gifle, du « ce n’est pas si grave », qui continue de protéger les adultes plutôt que les enfants.
Les parents se retrouvent désemparés et seuls avec leur incompréhension face à des institutions qui ne veulent pas faire de vagues. L’enfant, lui, est prié de retourner en classe, comme si sa douleur et sa parole n’avaient aucune valeur.
Pourtant, depuis plus de dix ans, les rapports s’accumulent : rapports de la Cour des comptes, de l’Inspection générale de la Ville de Paris, de la Ciivise, commissions d’enquête comme à la suite du scandale Bétharram : tous documentent les mêmes manquements, les mêmes failles, les mêmes défaillances systémiques. Tous alertent. Et pourtant… les textes prennent la poussière, les enfants subissent.
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Ce qui manque, c’est un signalement immédiat.
Ce qui manque, c’est un protocole efficient.
Ce qui manque, c’est du courage institutionnel.
Vous avez les moyens de changer les choses.
Contrôle systématique des antécédents et formation obligatoire. Protection des professionnels lanceurs d’alerte pour ne plus avoir peur de signaler. Protocole clair pour chaque école : signalement et protection immédiate de l’enfant. Commission parlementaire indépendante dotée de pouvoirs étendus. Enquête administrative et audit national des écoles et structures périscolaires, en commençant par Paris. Création d’un observatoire indépendant chargé de la traçabilité de tous les signalements et du suivi judiciaire. Unités médicales spécialisées dans le recueil et la sécurisation de la parole des enfants.
L’école doit redevenir ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être : un lieu où l’on apprend à grandir, à s’épanouir et à devenir citoyen, et non à survivre à un traumatisme. Tant que des enfants continueront à être maltraités, l’école française restera loin de sa promesse républicaine.
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Madame Brigitte Macron, vous avez fait de la lutte contre le harcèlement scolaire un engagement public fort. Monsieur le Président, vous avez fait de grandes causes nationales des combats collectifs. Aujourd’hui, agissez pour la protection des enfants dans les écoles et structures périscolaires de France. Votre volonté peut faire basculer un système qui s’enlise depuis trop longtemps.
Nous vous demandons une prise de parole et des actions fortes, parce qu’un pays qui ne protège pas ses enfants renonce à son avenir.
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