Sur leur site Internet, les responsables de la communauté Tabitha's Place, installée depuis 1984 à Sus, un tout petit village du Béarn situé à une heure de route à l'ouest de Pau, se montrent des plus accueillants, au point de tutoyer leur prochain. « Tu peux appeler quand tu veux, jour et nuit, pour avoir plus d'informations sur nos communautés ou des exemplaires de nos petits journaux (gratuits). »
Suit un numéro de téléphone commençant par 05 et un formulaire de contact. Avec les journalistes qui cherchent à savoir ce qui se trame à l'intérieur de ce qu'il est convenu d'appeler, malgré l'opposition de ses habitants, une secte, il n'en va pas de même. « Bonjour, nous ne sommes pas intéressés. Bonne journée », nous a répondu par mail Shama, une membre à qui nous propositions de discuter.
Interdiction de parler, de se rendre à l'intérieur, de photographier. En 2023, lors d'une journée pourtant qualifiée de « portes ouvertes », un reporter du journal Sud-Ouest a raconté comment il avait été intimidé, bousculé et pris en chasse par des adeptes qui le jugeaient trop curieux...
La branche béarnaise de ce groupe fondé aux États-Unis et présent dans huit pays songeait l'an passé à faire ses valises pour se replier sur une autre base arrière, au Pays basque espagnol. Ses responsables, indique le journal La République des Pyrénées, exprimaient en avril 2023 leur volonté de « quitter le pays pour rester en cohérence avec les Écritures bibliques ». « Un mode de vie de plus en plus difficile à mener en paix sur le sol français », estimaient-ils.