Avec ses 6 médailles d'or à Milan-Cortina, Johannes Klaebo devient l'athlète le plus titré des Jeux d'hiver

Johannes Klaebo, à Tesero (Italie), le 21 février.
LTD/Kyodo via Reuters

Johannes Klaebo, à Tesero (Italie), le 21 février.
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Grand chelem validé. Le skieur de fond norvégien Johannes Klaebo a conclu sa quinzaine de tous les records en triomphant sur le 50 kilomètres, hier à Tesero. Son sixième titre en autant de courses. Qui dit mieux ? Personne, pas même le biathlon made in France, pas même l’autre grande star des Jeux italiens, le skieur suisse Franjo von Allmen. Sa onzième médaille d’or au total, après les trois de 2018 et les deux de 2022 (sans compter une breloque en argent et une autre en bronze).
Record olympique pour ce qui concerne les faits d’hiver, ses compatriotes Ole Einar Bjoerndalen (biathlon), Marit Bjoergen et Björn Daehlie (ski de fond) étant « bloqués » à huit. Mais Klaebo défie donc les saisons.
Les nageurs Caeleb Dressel, Katie Ledecky et Mark Spitz, la gymnaste Larissa Latynina et les athlètes Carl Lewis et Paavo Nurmi : voici la liste des superstars des Jeux olympiques, tous lauréats à neuf reprises l’été, que le Scandinave aux accélérations de rongeur en cage a doublés pendant la quinzaine.
Au-dessus, il ne reste qu’un extraterrestre : Michael Phelps, avec ses 23 titres de 2004 à 2016. Il sera évidemment difficile, voire impossible, d’aller détrôner le nageur américain, même si Johannes Klaebo n’a que 29 ans et peut prolonger sa domination jusqu’à Alpes 2030, voire plus si affinités.
L’an prochain, aux Mondiaux en Suède, il peut déloger la fondeuse qui le devance encore : Marit Bjoergen avec ses 18 titres. Lui en a déjà 15, dont 6 conquis l’an passé à la maison, à Trondheim, aux alentours du stade Granasen dont il connaît le moindre centimètre carré. Déjà un grand chelem historique puisque seule la Russe Elena Välbe en 1997 l’avait fait avant lui – mais avec un cinq sur cinq.
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Évidemment, il y a toujours des explications pour relativiser ses performances, l’absence du Russe triple médaillé d’or à Pékin Alexander Bolshunov en premier lieu, mais le Norvégien frôle les 60 % de victoires sur le circuit. Une hégémonie qui lui vaut d’être comparé à un autre cannibale : Tadej Pogacar.
Sa superstition en matière de caleçon – l’info a été confirmée par sa fiancée – n’y est pour rien. Johannes Klaebo a été programmé pour régner. En famille. Par son grand-père Kare ; son entraîneur, son mentor. Le multimédaillé lui a d’ailleurs rendu hommage cette semaine. L’homme de 83 ans est, selon lui, la personne « la plus innovante », qui se tient à la page en lisant « toutes sortes d’articles scientifiques ».
« Quand Johannes a eu 18 ans, nous avons établi un plan : s’il ne devenait pas le meilleur skieur du monde, alors nous devrions faire autre chose », a raconté l’aïeul dans le film Klaebo, sorti au cinéma en novembre en Norvège.
Cette immersion dans le quotidien du roi raconte les coulisses familiales de l’ascension. Elle a été l’occasion de révéler la leucémie qui a touché son père quand Johannes avait 10 ans. « Une épreuve terrible », a-t-il confié à la chaîne nationale TV2 dans la seule interview où il a abordé le sujet : « Heureusement, tout s’est bien passé. Mais pour celui qui a vécu dans la même chambre que mon père pendant la durée du traitement, les choses ont été plus compliquées. » Haakon est aujourd’hui son manager. L’épreuve a « uni » la famille.
Visage glabre, yeux polaires et crinière blonde, Johannes Klaebo se dépeint en grand timide. Le grand public voit pourtant un personnage solaire qui donne le change : avec son petit frère, il a très vite partagé sa vie d’athlète de haut niveau sur YouTube, où il compte 129.000 abonnés. Sa dernière contribution date d’il y a quatre mois. Pour une fois, il a du temps à rattraper.