L’avalanche de difficultés qui s’abat sur le Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques (Cojop) d’hiver 2030 va-t-elle emporter son président Edgar Grospiron ? La question se pose, après les démissions en cascade de cadres dirigeants et du président du comité des rémunérations, Bertrand Méheut, qui a dénoncé « des dérives importantes ». Vendredi, les élus de la Région Auvergne-Rhône-Alpes ont manifesté leur scepticisme envers le Cojop et son patron en baissant leur subvention de 4,5 millions d’euros.
Le champion de ski acrobatique continue de bénéficier du soutien du président de la Région Paca, Renaud Muselier, et de celui, discret mais puissant, du directeur exécutif des JO au Comité international olympique (CIO), Christophe Dubi. Mais ces paratonnerres semblent de plus en plus fragiles, tant l’image du mouvement sportif français, voire du pays, est malmenée.
En privé, Emmanuel Macron affiche son mécontentement, considérant que l’organisation est loin du niveau requis. « On a besoin de quelqu’un qui mette tout le monde autour de la table et donne un coup de fouet pour que cela avance », pointe un membre de son entourage. L’Élysée, seul en mesure avec le CIO de réorganiser le Cojop, ne va pas jusqu’à évoquer la recherche d’un remplaçant à Edgar Grospiron. Mais le mouvement sportif ne s’en prive pas. Déjà, plusieurs noms circulent.
Celui d’Amélie Oudéa-Castéra revient régulièrement. Ministre des Sports (2022-2024) lors des JO parisiens, elle est devenue en 2025 présidente du Comité olympique français, et comptable à ce titre de la réussite des JO. On ne peut que l’imaginer perplexe devant le spectacle offert par Alpes 2030, et préférant en assumer la charge plutôt que de prendre le risque d’une nouvelle nomination malheureuse. Cumuler avec la présidence d’un comité national olympique n’aurait rien d’une première, comme en témoignent l’exemple tout frais de Milan-Cortina ou celui de Rio 2016. Sa ligne directe avec son camarade de promotion à l’ENA Emmanuel Macron est un autre atout.