Petit conseil à ceux qui sont déjà en overdose de Donald Trump : mettez-vous au vert ou alors préparez-vous car, dans le mois qui vient, vous allez le prendre en intraveineuse matin, midi et soir. En même temps, peut-on en vouloir au président américain ? Pourquoi l’homme de spectacle et l’égomaniaque qu’il est se priverait-il de la vitrine que représente la Coupe du monde, deuxième événement le plus regardé de la planète ?
Avec le soutien de son ami Gianni Infantino, le président de la Fifa, il a d’ailleurs vampirisé le Mondial avant même qu’il ne commence. « Jamais, depuis Mussolini en 1934, un dirigeant ne s’était approprié à ce point la compétition, affirme l’historien Paul Dietschy. Même Poutine en 2018 n’a pas autant occupé l’espace. »
Par bien des aspects, cette édition 2026 se confond d’ailleurs avec la personnalité de Trump. Même goût pour le superlatif : jamais elle n’a été organisée sur un espace aussi vaste (trois pays, Mexique, Canada et États-Unis ; quatre fuseaux horaires) et n’a rassemblé autant de nations (48). Même attrait pour le business : 11 milliards de dollars de recettes prévues, jusqu’à 84.000 dollars le siège pour assister à la finale, selon The Athletic.
Les instances internationales du football n’ont certes pas attendu cette escale américaine pour faire du Mondial une cash machine. Mais le milliardaire leur permet d’être totalement décomplexés sur le sujet. « La Fifa a voulu transformer la compétition en un spectacle un peu grotesque, qui essaie d’imiter maladroitement les habitudes du sport américain », dénonce Ronan Evain, directeur de Football Supporters Europe, association influente de supporters. L’instauration de pauses fraîcheur, qui seront autant de moments creux pour servir aux téléspectateurs des spots publicitaires, en est le parfait exemple.