Le documentaire « Le Bus – Les Bleus en grève » de Netflix fait resurgir les fantômes sud-africains. Un témoin relate les coulisses de l’intervention de Roselyne Bachelot. Moment clé de la séquence.Ce 20 juin 2010, en pleine Coupe du monde en Afrique du Sud, l’équipe de France s’enfonce dans le huis clos de Knysna. Le monde découvre les images surréalistes d’un bus barricadé. Les joueurs refusent de s’entraîner pour protester contre la mise à l’écart de Nicolas Anelka. La fédération française (FFF) perd pied et, à Paris, l’exécutif comprend qu’il ne s’agit plus seulement d’une crise sportive.
En coulisses, un groupe doit improviser ce qui restera comme l’une des scènes politiques les plus singulières de l’histoire du sport français et une pièce centrale de la séquence, remise au goût du jour par la sortie cette semaine du documentaire de Netflix Le Bus – Les Bleus en grève : l’intervention de Roselyne Bachelot face aux joueurs tricolores.
La ministre de la Santé et des Sports en termine alors avec son déplacement en Afrique du Sud. Elle appelle le président, Nicolas Sarkozy. La consigne est claire : plus question de partir, il faut agir. La ministre s’enferme dans sa chambre d’hôtel et écrit son intervention. « La seule fois où je l’ai vue rédiger entièrement un discours », raconte Thomas Remoleur, qui était alors l’un de ses conseillers présents sur place.
D’ordinaire, les textes passent par les cabinets, les plumes, les arbitrages. Fin connaisseur du milieu depuis son passage au centre de formation de Strasbourg, le conseiller a une intuition. « Les joueurs ne respectent personne davantage que leur mère, il faut leur parler comme une mère plutôt que comme une ministre », glisse-t-il. La formule marquera.