À rebours de l’esprit originel de la discipline, des coureurs se comportent en consommateurs exigeants auprès des organisateurs.
Certains se contententd’être des ultra-trailers, d’autres cumulent : ils sont aussi des méga-râleurs. Cette population se répand dans les pelotons à bonne allure, celle de la croissance de la pratique. Elle indispose les puristes, qui crapahutaient il n’y a pas si longtemps sans promesse de belle médaille et de barres de céréales.
Difficile pour les pionniers et boomers du trail de voir débouler des « runnix » biberonnés aux selfies d’après-exploit sur les réseaux sociaux, friands de montres connectées et de textile dernier cri, au comportement de consommateurs.
Ils n’ont pas besoin de s’être équipés pour dégainer. Les jours qui précèdent leur entrée en piste, ils dénoncent le prix de l’inscription, la couleur du maillot distribué ou le nombre trop limité de dossards.
Et bien d’autres choses : « Entre le site Internet d’une lourdeur infinie et le Salon du running à la sauce Ikea, il y a des choses à améliorer à la SaintéLyon », a ainsi taclé sur un forum spécialisé un participant avant le départ de la grand-messe hivernale, donné hier soir à 23 h 30.
Début septembre, la Volvic Volcanic Experience a dû faire face à un tombereau de protestations après avoir refusé 14.000 demandes, en raison d’une jauge limitée à 4000 partants pour garantir la bonne tenue de l’événement, lancé sur des sentiers parfois étroits. Le site u-Trail a aussi rapporté que les organisateurs des Grands Trails d’Auvergne 2025 ont reçu en avril des SMS insultants de la part d’un couple non retenu.
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Pendant les compétitions, ce sont les bénévoles qui subissent des remarques. « Les plaintes sur les petits bouchons qui se forment avant d’arriver aux postes de ravitaillement leur reviennent régulièrement, rapporte-ton du côté de l’UTMB, le géant du secteur, à la tête d’une vingtaine de courses par an. Ceux qui nous fustigent ne se rendent pas toujours compte que nous sommes contraints par la réalité de la haute montagne, avec ses difficultés d’accès, de sécurité ou de coordination. »