Jean-Philippe Tschumi, l’ex-punk de l’ultra trail
Stéphane Colineau
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Jean-Philippe Tschumi est arrivé second au Grand Raid 2024 à la Réunion.
LTD/Léo Euphrasie/Trail Passion
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Jean-Philippe Tschumi est arrivé second au Grand Raid 2024 à la Réunion.
LTD/Léo Euphrasie/Trail Passion
Jean-Philippe Tschumi est d'abord un corps. Sur Google, la troisième recherche associée à son nom est « cuisses ». Leurs volumes fascinent dans les pelotons de champions d'ultra trail fluets. Pour le Suisse, elles sont une arme d'ascension massive.
En octobre, lors de la Diagonale des fous, monument de la discipline avec ses 175 kilomètres et 10150 mètres de dénivelé positif sur l'île de la Réunion, elles l'ont hissé sur la deuxième marche du podium. Et lui ont permis une excentricité qui a dopé sa popularité: après vingt-quatre heures de course, il a exécuté une roue spectaculaire sous les yeux d'une foule conquise.
Voilà quarante-deux ans que Jean-Philippe Tschumi habite ce corps doté d'une puissance envahissante. Son père, dentiste féru de philosophie, l'a vite compris. Il n'a pas attendu que son fils ait 10 ans pour l'inscrire à l'épreuve des 4 kilomètres de Lausanne, gagnée dans sa catégorie d'âge.

L'athlète raconte le rôle salvateur du sport et de la philosophie dans sa vie. (Crédits: LTD/Léo Euphrasie/Trail Passion)
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Il n'a pas patienté beaucoup plus pour lui faire lire la pièce du dramaturge américain Israel Horovitz Le Premier, qui interroge l'obsession de passer devant tous les autres. L'intention paternelle a été récompensée par des succès de jeunesse, du tennis au football en passant par le skate, la course à pied ou le basket. Mais à l'adolescence, le cocktail d'hormones, de muscles et d'introspection a explosé.
Stéphane Colineau