Hugo Clément : « En ce moment, je cours environ 110 kilomètres par semaine »

Le marathon de Paris aura lieu le dimanche 12 avril et rassemblera 60.000 coureurs.
LTD/Louis Legon/Peignée Verticale

Le marathon de Paris aura lieu le dimanche 12 avril et rassemblera 60.000 coureurs.
LTD/Louis Legon/Peignée Verticale
Au milieu de l’entretien, un passant y va de son petit mot en longeant la résidence au Pays basque d’Hugo Clément. Débrief bienveillant de la soirée de la veille sur France 5, un Sur le front consacré à « la terre qui nous nourrit », suivi d’un débat vigoureux. Soit la face émergée de l’activité du journaliste. Au quotidien, il y en a une autre qui prend de la place, à grandes foulées. Pour Hugo Clément, l’endurance se décline un peu sur l’asphalte – en mars, le semi-marathon de Paris bouclé en moins de 1 h 19 – et beaucoup sur des parcours typiques du swimrun, mélange de trail et de nage en eau libre dont il s’est fait une spécialité.
LA TRIBUNE DIMANCHE – Ça vient de loin, ce goût pour l’endurance ?
HUGO CLEMENT – J’ai toujours baigné dans la pratique sportive. À la base je suis nageur, mais j’ai touché à plein de disciplines, sports collectifs, escalade… Gamin, j’ai aussi beaucoup randonné avec mes parents, qui sont profs de sport, comme le sont aussi devenus mon grand frère et ma petite sœur. Malgré ça, je me suis longtemps contenté d’un footing le dimanche de temps en temps. La course à pied en mode intensif, ce n’est que depuis deux ans.
Vous considérez-vous accro ?
Je suis passionné, mais sans ce truc d’addiction physique qui fait que si je ne vais pas courir pendant trois jours je deviens fou. Mais c’est devenu une partie structurante de mon quotidien. Je n’imagine pas ma vie sans entraînement. Au-delà des objectifs sportifs, il y a aussi l’efficacité pour tout le reste. Après être allé courir le matin, j’ai les idées beaucoup plus claires. Et après une journée de boulot, nager une heure ressemble à un sas de décompression. J’élimine tout le stress et je dors bien mieux.
Dans la valise, il y a toujours des affaires de sport ?
C’est simple, je ne la défais jamais. Je change juste les slips et les tee-shirts. En gros, il y a deux paires de baskets, une pour le footing et une pour l’entraînement fractionné. S’y ajoutent maillot de bain, bonnet de bain, lunettes, plaquettes de natation, pull-buoy [flotteur en mousse]. Avec ça, il reste juste un peu de place pour les habits normaux.
La journée type d’Hugo Clément le sportif ?
Je ne suis pas de l’école « lever à 6 heures du matin » pour aller s’entraîner. Quand je travaille de chez moi, je peux m’organiser comme je le souhaite en fonction des urgences. En général, je fais une session de course à pied et une autre de natation tous les jours. En complément, soit de la muscu, soit du vélo. Quand je suis à Paris, c’est plutôt deux entraînements que trois. Là, je suis en phase haute de préparation au marathon d’Annecy [le 19 avril], qui sera mon premier sur route. Donc je cours environ 110 kilomètres par semaine. Le reste du temps, c’est entre 80 et 90. Côté natation, c’est de l’ordre de 15 à 20 kilomètres par semaine.
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Ce baptême en marathon, vous le redoutez ?
Oui, ça fait peur. J’y vais avec beaucoup d’humilité car ce n’est pas comparable au trail ou au swimrun, où tu cours sur du souple, avec des changements de rythme. Là, c’est 42 kilomètres à fond sur du bitume, sans variation. Comme tout le monde, je crains le fameux 30e kilomètre. Sur mes sorties longues, j’ai bien vu qu’à partir de là, musculairement, ça devient très compliqué. Alors que j’ai déjà couru sur des formats supérieurs au marathon. Au championnat du monde de swimrun, l’an passé à Stockholm, il y avait 60 kilomètres de course et 10 de natation. Avec mon partenaire [Frédéric Belaubre, trois fois champion d’Europe de triathlon entre 2005 et 2008], on a fini 18es sur environ 140 équipes, ce qui est cool. C’est là que se situent mes objectifs principaux.
Qu’est-ce qui vous a attiré dans cette discipline, en essor mais encore confidentielle ?
C’est un sport avec un côté raid, aventure, souvent dans des paysages magnifiques et isolés. Contrairement au triathlon, tu ne te changes jamais. Tu nages avec tes baskets, tu cours avec ta combinaison. À raison d’au moins dix sections de course et de natation, dans une eau parfois à 10 degrés. Et dans l’effort, qui est spécifique, tu n’es jamais seul. Quand l’un craque, l’autre prend le relais. Fred a un niveau supérieur au mien, mais s’il est dans le dur c’est à moi de le tirer et de l’encourager. C’est aussi ça qui me plaît : l’entraide est permanente.
Votre compte Instagram consacré au sport compte plus de 116.000 abonnés. C’est l’effet télé ou l’effet running ?
Le facteur notoriété fait que les gens s’abonnent au début. Mais il y a aussi un vrai engouement pour la pratique, dont on ne peut que se réjouir. C’est très visible sur les courses et cela induit une grosse demande de contenus autour de ça. Pour ma part, j’ai voulu un espace distinct pour ne pas risquer de soûler les abonnés du compte principal [près de 2 millions].
Justement, comprenez-vous ceux qui sont un peu fatigués de ces runners toujours plus nombreux à parler de leurs perfs ou à les exposer ?
Oui, je peux comprendre. D’où mon choix de faire deux comptes pour ne pas imposer mes entraînements, mes compètes, etc. Et puis les algorithmes sont bien faits : si tu te fous de la course à pied, très vite tu n’en auras plus dans ton fil. Donc, moi, je n’ai que ça dans le mien ! Mais j’imagine que pour les conjoints des personnes qui sont à fond dans le truc, ça peut être too much. Là, impossible d’y échapper.
Vous complétez le tableau avec un podcast, « Safe Pace »…
Je voulais créer une sorte de talk-show autour du sport d’endurance, pour parler d’entraînement mais avec aussi un prisme sport société. Des podcasts existaient mais il n’y avait pas cette offre d’émission inspirée de la télé, très rythmée, avec des chroniqueurs. C’est un carton, on est premiers sur le créneau, et moi ça m’éclate. Il y a eu beaucoup de super épisodes, comme celui consacré au sport après 50 ans. Pour en parler, on avait convié Gilles Bouleau et l’humoriste Arnaud Tsamere, tous deux marathoniens amateurs. Jimmy Gressier [champion du monde du 10 000 mètres] est aussi venu partager ses secrets d’entraînement, ou encore Mathieu Blanchard pour le trail.
L’invité que vous rêveriez d’avoir ?
Léon Marchand. Le moment venu, on essaiera. Ou alors une légende à la Zidane. Je sais que l’endurance a aujourd’hui une place dans sa vie. Évoquer avec lui la façon dont il se maintient en forme après la carrière qu’on connaît, oui, ce serait un petit rêve.