Aux Championnats d’Europe à Sheffield (Royaume-Uni) la semaine dernière, elle n’arrêtait pas de « montrer [son] passeport français à tout le monde », plein sourire. C’est la première fois que Laurence Fournier Beaudry, en route vers la gloire continentale, voyageait avec le vrai, et non plus un document temporaire. En soi une troisième bannière alors qu’elle a toujours vécu à Montréal, sa ville natale.
Le monde du patinage l’a d’abord vue à l’œuvre en représentante du Danemark, dès 2013, aux côtés de Nikolaj Sorensen. Les règles olympiques étant moins souples que celles de la Fédération internationale, elle était revenue au drapeau canadien après avoir été privée des Jeux 2018, faute d’obtention de la citoyenneté danoise. Sur la glace, l’histoire racontait une carrière de très haut niveau (5e aux Mondiaux 2023), malgré tout à distance des couronnes de fleurs.
Depuis le 4 novembre et la publication au Journal officiel, la voilà donc française. Et chance officielle de médaille olympique à Milan-Cortina (6 au 22 février). Parce qu’elle fait équipe avec Guillaume Cizeron, « le meilleur patineur du monde » à ses yeux. Et parce qu’elle « l’a fait progresser en montant son niveau de dynamisme ». Cette fois, c’est Romain Haguenauer qui parle, lui qui entraîne les deux athlètes en parallèle depuis plus d’une décennie, et conjointement depuis début 2025. Une association rendue naturelle par l’amitié entre eux, mais d’abord dictée par des circonstances particulières.