Le moustique-tigre Aedes (Stegomyia) albopictus (actuellement Stegomyia albopicta) est un insecte de la famille des Culicidae. C'est l'une des cent espèces les plus invasives au monde , étant actuellement présente dans 100 pays sur les cinq continents....
Plus de 75 % des maladies infectieuses émergentes sont d’origine animale. Le changement climatique, la transformation des écosystèmes et les activités humaines favorisent l’essor des zoonoses, en multipliant les contacts entre humains et animaux et en étendant la répartition de certains moustiques et tiques. Face à de futures pandémies, la prévention s’impose et nécessite d’agir ensemble sur les santés humaine, animale et environnementale.
Plus de 75 % des maladies infectieuses émergentes chez l’humain sont d’origine animale. Dans un monde globalisé, ces maladies, les zoonoses, constituent une menace croissante de pandémie. Elles résultent de la déforestation, de l’urbanisation, de la mondialisation des échanges et du changement climatique, qui, en intensifiant les interactions entre faune sauvage, animaux domestiques et populations humaines, favorisent leur émergence.
Les maladies vectorielles — transmises par des arthropodes hématophages comme les moustiques ou les tiques — illustrent bien ce lien entre environnement et santé. Ces vecteurs dépendent de la température, de l’humidité et de la disponibilité en eau, qui conditionnent leur survie, leur reproduction et la transmission des agents pathogènes.
Ainsi, la hausse des températures sur le littoral méditerranéen a permis l’installation durable de la tique Hyalomma marginatum, autrefois limitée par le climat. Ce vecteur transmet le virus de la fièvre hémorragique de Crimée-Congo, une zoonose grave pour les êtres humains. Aucun cas n’a encore été observé en France, mais des cas humains sont recensés en Espagne et des épidémies surviennent régulièrement en Turquie.
Le moustique tigre (Aedes albopictus), originaire d’Asie du Sud-Est, a été introduit accidentellement en Europe par le commerce international. Espèce très adaptable, il a colonisé la quasi-totalité de son habitat en France. Le réchauffement climatique favorise désormais son expansion vers le nord, grâce à une meilleure survie hivernale, et accroît les risques de transmission locale de virus tels que la dengue, le chikungunya ou Zika. Ces virus, importés chaque année par des voyageurs infectés, provoquent aujourd’hui des épisodes autochtones : entre mai et octobre 2025, la France a recensé 770 cas de chikungunya répartis sur 80 foyers.
Moustiques et tiques ne sont pas de simples nuisances : ils signalent les déséquilibres d’un monde où les activités humaines redessinent la carte des maladies.
L’émergence de zoonoses est le plus souvent le résultat d’une convergence de pressions écologiques, sociales et économiques qui vont au-delà du changement climatique. Changement des pratiques agricoles, intensification des modes de production, transformations des paysages et conditions de vie façonnent les interfaces faune–élevage–humain et créent de nouvelles zones de vulnérabilité. Ainsi, à la fin des années 1990, l’émergence du virus Nipah en Malaisie a été favorisée par la combinaison d’une déforestation rapide, d’une extension agro-industrielle et d’un épisode El Niño particulièrement intense, qui a poussé les chauves-souris frugivores, stressées et affamées, à se rapprocher des zones d’élevage porcin. Leurs déjections et les fruits contaminés ont infecté les porcs, qui ont ensuite amplifié le virus, facilitant la transmission du virus Nipah aux humains. Au Bangladesh, l’émergence récurrente de Nipah découle d’une autre combinaison de facteurs : la récolte de sève de palmier-dattier, les changements dans les pratiques agricoles liés aux variations climatiques, et la proximité croissante entre humains et colonies de chauve-souris.
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Face au risque de nouvelles pandémies, la priorité doit être donnée à la prévention : réduire les risques d’émergence, renforcer la surveillance, améliorer la lutte contre les vecteurs et promouvoir une démarche intégrée des santés humaine, animale et environnementale. Cela implique d’identifier les déterminants en jeu, de concevoir avec les acteurs locaux des stratégies adaptées et d’innover dans les outils de détection précoce et de suivi afin de freiner la propagation mondiale des zoonoses émergentes. Ces objectifs sont au cœur du Programme et Equipement Prioritaire de Recherche (PEPR) Prezode (2024-2028) porté par France 2030 et co-piloté par l’IRD, le Cirad et INRAE.