Festival de Toulouse / Aïda : « En tant que chef d’entreprise, c’est une grande satisfaction de flécher des fonds vers des projets artistiques de qualité. »
Du 30 juin au 11 juillet 2026, le Festival de Toulouse est de retour pour douze soirées de voyage musical mêlant différents styles et générations d’artistes. Cette 5e édition mettra à l’honneur la musique classique, la pop, le jazz, les grandes musiques de films... Depuis sa création en 2022, cet événement culturel estival est accompagné par Aïda, association des mécènes de l'Opéra et de l'Orchestre national du Capitole.
Rencontre avec Julien Martineau, directeur artistique du Festival de Toulouse et Yvette Rizzo, dirigeante de Terre & Création, membre d’Aïda et mécène du Festival de Toulouse.
La Tribune : Pour la cinquième année consécutive, l'association Aïda est en charge du mécénat du Festival de Toulouse. Dans quelle mesure ce soutien vous permet-il de vous exprimer en tant que directeur artistique de l’événement ?
Julien Martineau : Le festival est né au lendemain de la crise sanitaire, en 2022, avec l’envie de créer une programmation artistique pensée par des musiciens. Depuis le lancement de cette aventure, nous avons la chance d’être accompagnés par Aïda avec qui nous faisons équipe pour développer le mécénat du festival. Le contexte économique dans lequel se trouve le secteur culturel ne nous permet pas d’avoir un chargé de mécénat dédié au festival. C’est pour cela que l’expertise d’Aïda et la disponibilité de son équipe sont extrêmement précieuses et nous permettent de présenter des offres pertinentes aux entreprises, de convaincre de nouveaux mécènes de nous suivre dans l’aventure du festival, et bien sûr de fédérer ce qui est devenu la « famille » des mécènes du Festival de Toulouse.
Contrairement à certains grands festivals institutionnels qui fonctionnent avec 25% de ressources en fonds propres, le Festival de Toulouse atteint lui les 62%. Cette part importante de fonds propres (billetterie, mécénat, partenariat), nous permet de programmer autant de projets originaux et de créations avec l’Orchestre national du Capitole notamment (Ibrahim Maalouf, Philippe Katerine, Pierre de Maere…).
L.T : Terre & Création est mécène du Festival de Toulouse. Pourquoi avez-vous choisi d'apporter votre soutien ?
Yvette Rizzo : Terre & Création est mécène du Festival de Toulouse depuis sa première édition, cela fait maintenant cinq ans. Notre engagement en faveur d’Aïda et du Festival de Toulouse résulte d’une forte sensibilité à la culture (musique, danse, théâtre…) et d’une envie de la promouvoir. J'ai personnellement été séduite par la programmation diversifiée de ce festival proposé par Julien Martineau et son équipe : des musiques dites « classiques » dans leur version originale ou revisitée, des artistes et formations aux styles très différents, de nouvelles compositions à thème, des lectures de textes sur fonds musicaux qui ont énormément de charme... Toutes ces propositions sont très qualitatives, apportent beaucoup d’émotion et font de ce festival un rendez-vous culturel incontournable pour partager les plus belles soirées de début d’été.
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L.T : Pourquoi est-il intéressant pour les entreprises de s'engager à travers le mécénat dans des projets culturels de la sorte ?
Y.R : Le mécénat culturel permet de donner une visibilité importante à l’entreprise. Il y a aussi bien sûr l’argument de la réduction fiscale qui n’est pas négligeable et parfois encore méconnu. Pour ma part, je trouve que le mécénat auprès d’Aïda permet de faire un pas de côté, d’ouvrir la culture en la rendant accessible à tous les publics, de sortir de l’aspect matériel, administratif, commercial ou juridique du quotidien pour vivre des moments de joie, d’émotion et de légèreté. Le mécénat permet également de partager des moments plus humains avec nos collaborateurs, clients ou nouvelles rencontres.
Très important également : le soutien que nous apportons aux artistes, qui pour arriver au niveau d’excellence dont ils font preuve, fournissent un travail et un investissement considérables qui méritent reconnaissance et admiration. Le succès n’arrive pas seul ! Par le biais du mécénat, en tant que chef d’entreprise, c’est une grande satisfaction de flécher des fonds vers des projets artistiques comme celui du Festival de Toulouse.
J.M : Les dirigeant.es d'entreprises ne sont pas tou.te.s sensibilisé.e.s au mécénat. Depuis la loi Aillagon, nous avons la chance d’avoir en France un système fiscal incitatif qui permet aux entreprises de soutenir des événements culturels plus facilement. Le mécénat est un véritable échange qui permet aux entreprises de vivre des événements artistiques, souvent riches en émotion, et d’y contribuer en donnant les moyens aux porteurs de projets de les réaliser. Il s’agit d’une relation extrêmement précieuse pour les acteurs culturels, devenue incontournable dans le contexte actuel de diminution des subventions publiques.
L.T : La prochaine édition du Festival de Toulouse se tiendra du mardi 30 juin au samedi 11 juillet 2026. Quels seront les temps forts de cette cinquième édition ?
J.M : Chaque année, nous proposons une édition aux couleurs différentes. Cet été, nous aurons l’honneur de recevoir Michel Plasson véritable légende de la musique classique française, qui après avoir dirigé pendant 35 ans l'Orchestre national du Capitole, reviendra à Toulouse pour un concert historique à la Halle aux grains le 2 juillet. Ce même lieu va accueillir de grands artistes issus de la pop : Calogero le 3 juillet, Axelle Red le 4 juillet et Pomme le 5 juillet. Daoud, trompettiste de jazz toulousain en pleine ascension, se produira le 30 juin à l’Auditorium Saint-Pierre-des-Cuisines pour l’ouverture du festival. Durant la seconde semaine du festival, nous aurons la chance de recevoir de grands noms de la musique classique pour une série de très beaux programmes comme les Musiques de Barry Lyndon avec Geneviève Laurenceau qui fut la violoniste super soliste de Tugan Sokhiev à l’Orchestre du Capitole.
Y.R : La totalité de la programmation me donne envie, j’ai particulièrement hâte d’assister au concert symphonique de John Williams (ndlr : le 1er juillet au Casino Barrière Toulouse) et au concert de clôture du Festival autour de Bach et Vivaldi avec Julien Martineau et David Fray (ndlr : le 11 juillet à l’Auditorium Saint-Pierre-des-Cuisines). Je suis aussi impatiente de revoir Michel Plasson sur la scène toulousaine, d’écouter Calogero, Pomme, Barbara par Noémie Waysfeld…
L.T : Cette année encore, il y a une volonté partagée entre le Festival et Aïda de rendre la musique et la culture en général plus accessible (concerts adaptés à un public sourd et malentendant, invitation de jeunes issus de différents quartiers de Toulouse, etc.) ….
J.M : Depuis la première édition, nous menons des actions auprès de publics n’ayant pas toujours un accès direct à la culture. Cette année, le trompettiste Daoud se produira à l’Hôpital Garonne et Les Sacqueboutiers iront à la rencontre des Toulousains au Centre culturel La Brique Rouge à Empalot. Des invitations pour les concerts du soir seront distribuées à l'issue de ces échanges. Par ailleurs, grâce à un partenariat avec Toulouse Fondation Cancer Santé, nous offrons chaque année des places aux soignants et aux malades et nous mettons en avant Action Femmes 31 qui accompagne les femmes de plus de 45 ans, en recherche d’emploi ou en création d’entreprise. De plus, nous avons renouvelé notre collaboration avec l’association Les 400 Coups qui mettra à disposition des personnes sourdes et malentendantes des capsules et gilets sensoriels qui permettent de ressentir la musique et ses vibrations. Ces différentes actions permettent de sensibiliser et d’intégrer un public qui n'a pas l'habitude de franchir les portes des salles de concert.