Dans la Nièvre, un gisement d'hélium veut changer la donne industrielle
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Une unité pilote de production d'hélium dans la Nièvre.
45-8 Energy
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Une unité pilote de production d'hélium dans la Nièvre.
45-8 Energy
Longtemps considéré comme un gaz rare réservé aux ballons de fête ou à quelques usages scientifiques, l’hélium est devenu en quelques années une ressource hautement stratégique. Sans lui, impossible de produire des semi-conducteurs, des fibres optiques, certains équipements médicaux ou encore des composants destinés à l’aéronautique et à la défense. Or aujourd’hui, plus de 98 % de la production mondiale est concentrée entre les États-Unis, le Qatar, l’Algérie et la Russie.
Dans ce contexte de tensions géopolitiques et de dépendance accrue aux importations, la découverte confirmée par la société 45-8 Energy dans la Nièvre ouvre une perspective inédite : celle d’une production française et européenne d’hélium.
L’entreprise, créée il y a huit ans et présente dans quatre pays, vient d’annoncer les résultats concluants d’une campagne de forages profonds menée sur son permis « Fonts-Bouillants », dans le sud-ouest de la Nièvre. Les tests réalisés jusqu’à 1 500 mètres de profondeur ont révélé des concentrations d’hélium jugées compatibles avec une exploitation industrielle. « On a confirmé qu’il y avait bien un potentiel industriel de production d’hélium dans le secteur », explique Nicolas Pelissier, directeur général de 45-8 Energy.
Les premiers indices remontaient pourtant à plusieurs années. « Le point de départ, ce sont des sources d’eau gazeuse dans le secteur qui rejettent des niveaux d’hélium anormaux », raconte-t-il. Après des campagnes de géophysique puis des forages à faible profondeur dès 2022, l’entreprise avait déjà réussi une première mondiale en lançant, en 2024, une unité pilote de production d’hélium dans la Nièvre. Une étape décisive qui a permis de démontrer la faisabilité technique du projet et de vendre les premiers volumes produits.
Aujourd’hui, l’ambition change d’échelle. 45-8 Energy prépare désormais l’industrialisation du site, avec une décision finale d’investissement attendue à l’automne et une montée en puissance d’ici à 2028. « L’objectif, c’est de faire une mise à niveau du pilote actuel pour passer à la chaîne industrielle », détaille Nicolas Pelissier. Le projet nécessiterait un investissement compris entre 15 et 35 millions d’euros, alors que l’entreprise mène actuellement une nouvelle levée de fonds.
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