Cristel parie sur l’inox made in France avec 30 recrutements à la clé
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La chaine de production des poêles Cristel à Fesches-le-Châtel (Doubs)
Amandine Ibled
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La chaine de production des poêles Cristel à Fesches-le-Châtel (Doubs)
Amandine Ibled
L’histoire industrielle de Cristel ne s’est jamais vraiment arrêtée. Dans ces ateliers hérités de l’épopée Japy, où l’on emboutissait déjà des casseroles au XIXᵉ siècle, le métal fait partie du paysage autant que les collines du Doubs. Reprise par ses dirigeants et ses salariés à la fin des années 1980 après une faillite, Cristel a choisi de rester fidèle à ce savoir-faire local : produire en France, maîtriser ses procédés et miser sur la qualité plutôt que sur les volumes.
Dans les ateliers lumineux du Doubs, 133 salariés façonnent chaque jour entre 2 000 et 2 500 produits en inox. Plus de 90 % de la valeur est réalisée sur site. Après un palier autour de 19 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2022-2023, l’activité a fortement accéléré. « Les 33 millions de chiffre d’affaires en 2025 ne sont pas un pic, mais un nouveau palier », assure Emmanuel Brugger, co-directeur. « Si nous anticipions un atterrissage brutal, nous n’investirions pas dans une nouvelle ligne. »
Pour absorber la demande, Cristel réhabilite deux friches industrielles voisines - 3 000 m² et 700 m² - pour y installer une nouvelle ligne de production d’ici à 2027. Montant : 12,5 millions d’euros, financés en grande partie par autofinancement et emprunt bancaire, en complément des six millions déjà investis dans un centre logistique inauguré en 2025.
Trente recrutements sont prévus en trois ans. Les trois quarts des ventes sont réalisés en France, le reste à l’export, dans une cinquantaine de pays. La moitié du chiffre d’affaires passe par 800 détaillants indépendants, 24 % par Internet et le solde par le CHR (cafés, hôtels, restaurants) et les grands magasins. Depuis 2009, l’entreprise reverse une partie des ventes en ligne au magasin le plus proche du client. « Nous ne voulons pas opposer digital et commerce physique. Le détaillant fait la pédagogie du produit dont nous avons besoin, il doit être associé à la valeur », insiste Emmanuel Brugger.