Puy-de-Dôme : Constellium investit 40 millions d’euros dans une fonderie 100% électrique
Emilie Valès
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
Constellium investit dans une nouvelle fonderie, augmentant ainsi ses capacités de production de son alliage aluminium-lithium à haute performance très apprécié dans l'aéronautique et le spatial.
Constellium HUBERT RAGUET
Afin de répondre à la demande des secteurs aéronautique et du spatial pour des alliages toujours plus sobres et performants, Constellium investit 40 millions d’euros dans un nouvelle fonderie à Issoire dans le Puy-de-Dôme. L’unité fonctionnera uniquement à l’électricité.
Alors que le gouvernement lançait la semaine dernière son plan d'électrification de l'économie, Constellium, elle, poursuit sa transition vers cette énergie et intensifie sa décarbonation. Un enjeu de taille sachant que dans l'industrie, près de la moitié de la consommation d'énergie finale provient encore des énergies fossiles.
L’entreprise, spécialisée dans la production de tôles et de profilés, est en train d’investir 40 millions d’euros pour doter son site d’Issoire, dans le Puy-de-Dôme, d’une troisième fonderie dédiée à sa technologie Airware, qui fournit un alliage aluminium-lithium à haute performance. Cette unité, en cours de construction, sera entièrement électrique et offrira la possibilité de récupérer la chaleur fatale issue des fours afin de chauffer les bâtiments.
« C’est l’un des points différenciants par rapport à nos deux autres fonderies Airware inaugurées en 2012 et 2015 qui, elles, fonctionnent encore pour une petite partie au gaz. Les fours de fusion sont déjà électriques, mais nos fours de séchage sont encore au gaz », précise Renaud Hugues, directeur de l’usine Constellium Issoire, qui affiche une capacité de production annuelle de plus de 110.000 tonnes.
En parallèle de cet investissement, le plus important réalisé sur le site en dix ans, Constellium Issoire continue de moderniser les cinq unités de sa fonderie traditionnelle, afin de les rendre plus performantes et moins énergivores.
« Pour l'instant, la technologie pour remplacer le gaz n'est pas encore mature. En attendant, nous mettons en place des brûleurs régénératifs et des brasseurs électromagnétiques qui permettent de diminuer fortement la consommation énergétique pour fondre une tonne d’aluminium », indique le directeur.