Dans le chalet du dernier salon du Bourget de Constellium, régulièrement survolé par les engins en démonstration dans le ciel parisien, le bar d'accueil était décoré d'un petit lingot en aluminium, assez lourd. En soi, rien d'étonnant pour un groupe mondial spécialisé dans la fabrication et le recyclage de solutions en aluminium. Cependant, l'origine de cet aluminium est, elle, inédite. Il s'agit de matière première secondaire issue d'un avion en fin de vie fourni par la société Tarmac Aerosave.
« Nous avons pris une carlingue, nous l'avons découpée, puis nous avons retiré la peinture, avant de trier les différents types d'alliage. Nous avons alors refondu, sans ajouter de matière première. L'opération nous a permis de déboucher sur un lingot d'aluminium qui répond aux exigences de l'aéronautique civile pour la construction de nouveaux avions », détaille auprès de La Tribune Philippe Hoffmann, président de la division Aérospatial et Transport de Constellium, dont l'activité représente 14 % du chiffre d'affaires du groupe implanté en France et aux États-Unis.
À titre d'exemple, un Airbus A320 peut atteindre le poids maximum de 72 tonnes et ce poids descend à 40 tonnes quand il est totalement vide. Au démontage, il est dès lors possible d'en extraire 15 tonnes d'aluminium. « L'aluminium est l'un des matériaux que nous avons toujours cherché à trier et à récupérer de la meilleure façon possible afin d'augmenter notre taux de valorisation, qui dépasse aujourd'hui 92 % », a commenté dans un communiqué Alexandre Brun, le président de Tarmac Aerosave, filiale à parts égales d'Airbus, Suez et Safran. Surtout, les alliages en aluminium de l'aéronautique, même « d'occasion » restent des matières premières à haute valeur ajoutée car spécifiques.