Le Tribunal des Activités Économiques de Lyon vient de mettre un point final à l’aventure industrielle du groupe ACI, placé en redressement judiciaire en septembre dernier. Après avoir validé, ces dernières semaines, la cession de nombreuses filiales dessinant le démantèlement progressif du groupe, le TAE a acté ce mardi la liquidation de la holding.Au Tribunal des Activités Economiques de Lyon, ce mardi, Philippe Rivière et ses avocats espéraient obtenir encore un sursis de quelques jours. Selon nos informations, ils avaient en effet arraché la possibilité de soutien financier d'une entreprise lyonnaise dont le conseil était présent ce jour à l’audience pour demander un report de quelques jours, le temps de revoir le montant de ses investissements et ses prévisions de besoins de financement de trésorerie, qui auraient été revus à la hausse ces dernières 24 heures.
Leur feuille de route prévoyait d’être en capacité, à court terme, de présenter un plan de continuation concernant huit filiales stratégiques du groupe, représentant 500 emplois et dont le retournement aurait mené à un chiffre d’affaires de l’ordre de 50 millions d’euros en 2030.
Le Tribunal des Activités Économiques a douché rapidement leurs espoirs en actant la liquidation de la holding de tête du groupe ACI et de deux autres holdings supports.
Démantèlement et casse sociale
La décision met un point final à l’agonie de cet ensemble de sous-traitance industrielle développé à vitesse grand V depuis 2019 par Philippe Rivière et Patrice Rives, via de nombreuses acquisitions. L’ambition était alors de construire un groupe solide, capable de servir les intérêts industriels souverains de la France : défense, nucléaire et, aéronautique notamment. En 2025, le groupe ACI comptait une quarantaine de filiales employant près de 1.400 collaborateurs. Fragilisé par une arnaque au faux fonds d’investissement qui devait lui apporter 80 millions d’euros, par une stratégie d’acquisitions très offensive et par ce qu’un audit interne a qualifié de « flux anormaux de trésorerie », ACI avait été placée en redressement judiciaire en septembre dernier, sur fond de règlement de comptes entre les deux associés.