C’est désormais officiel : treize ans après sa création à Lyon, le seul institut européen technologique dédié à la santé, Bioaster, s’apprête à disparaître. Une centaine d'emplois sont concernés par un plan de sauvegarde.
Il était, depuis 2012, l’un des fer de lance de la recherche française en matière de santé. D’ici la mi-octobre, l’Institut Technologique de recherche (IRT) Bioaster dédié aux maladies infectieuses, cessera ses activités.
« Nous avons acté la dissolution de la fondation de coopération scientifique, structure qui portrait nos activités, lors d’un conseil d’administration du 7 juillet dernier. Et cela, sans passer par une procédure judiciaire, face au constat que nous n’arrivions plus à fonctionner », livre Alexandre Moulin, directeur général de la structure de recherche.
En conséquence, un plan de sauvegarde pour l’emploi (PSE), qui concerne la quasi totalité des effectifs (soit 94 salaries sur un total de 110 collaborateurs - dont 70-80 % de chercheurs) a été lancé. « Il ne restera que quelques personnes pour gérer notre bâtiment, qui héberge une entreprise. »
Bioaster était né sous l’impulsion du Programmé Investissements d’Avenir (PIA), puis avait été intégré dans le plan France 2030. A l’image des autres IRT français (comme pour les nanotechnologies avec Nanoelec, ou l’IRT Antoine de Saint Exupéry à Toulouse pour l’aéronautique), il avait pour mission de « développer des collaborations entre la recherche publique et les entreprises autour de défis de recherche communs ».
Issu du rapprochement de l’Institut Pasteur et de Lyonbiopôle, la structure regroupait des poids lourds de l’écosystème lyonnais : BioMérieux, Sanofi, Danone, le CNRS, le CEA ou encore Boehringer Ingelheim.
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Le paradoxe financier des maladies infectieuses
« Depuis le début, il existait toutefois une difficulté intrinsèque à ce modèle dans le secteur des maladies infectieuses, qui a du mal à trouver des financements privés en dehors des périodes de crise », expose à La Tribune Alexandre Moulin. « C’est un paradoxe, alors même que nous n’avons jamais autant parlé des maladies infectieuses ».
Constat partagé par Christine Peponnet, salariée et représentante du collectif Sauvons Bioaster regroupant la quasi-totalité des équipes. « Les maladies infectieuses, ce n’est pas ce qui est le plus rémunérateur, face à d'autres domaines comme l'oncologie par exemple », résume t-elle. A tel point que cette piste de repositionnement avait même été un temps envisagée, mais sans succès :