L’industriel français, ex-filiale de Sanofi, en difficulté ces dernières années, est une brique essentielle dans la fabrication des médicaments. L’État soutiendra les investissements jusqu'à 140 millions d’euros, tandis qu'une restructuration est en cours.
C’est un site niché au cœur des monts du Forez, à plus d’une heure de Clermont-Ferrand. Équipements obligatoires, téléphones interdits… C’est ici dans son usine de Vertolaye, dans le Puy-de-Dôme, classée SEVESO seuil haut, qu’Euroapi, fabricant français de principes actifs pharmaceutiques, prépare « l’avenir du médicament ».
L’ex-filiale de Sanofi, spécialisée dans la fabrication de principes actifs et menacée ces dernières années par une réduction de la demande, a dévoilé la semaine dernière trois nouveaux programmes d'innovation, soutenus par l'État.
Parmi eux, elle entend renforcer la production de corticostéroïdes, molécules utilisées dans le traitement de maladies allergiques et immunitaires.
« Chaque année, Euroapi voyait la demande diminuer, parce que nous n'étions pas compétitifs et parce que les big pharma vont chercher le profit. Nous devions innover », expose David Seignolle, directeur général d’Euroapi.
Fait marquant, aujourd’hui seuls deux sites de fabrication de corticostéroïdes, complètement intégrés, existent hors d'Asie : celui d’Euroapi à Vertolaye et celui de Pfizer dans le Michigan aux Etats-Unis. Sur ce segment, le marché mondial potentiel pour l’entreprise a été évalué, l’an dernier, à 657 millions d’euros.
140 millions d'euros de l'État
La société connaît depuis 2020 des difficultés, avec un effondrement de ses ventes. Son mauvais positionnement, avec des principes actifs insuffisamment différenciés, et sa dépendance trop forte à Sanofi - dont la société est issue - expliquent notamment ces déboires. De même que la mise à l'arrêt inattendu de son usine italienne de Brindisi, en mars 2024, qui a profondément affecté ses prévisions.
Pour faire face à la situation, l'industriel a d'ailleurs dû lancer un plan stratégique sur quatre ans visant à rationaliser ses activités et à céder certains de ses six sites industriels. En janvier, Euroapi confirmait envisager la cession de deux de ses sites implantés en Italie et en Angleterre, d'ici à 2027, accompagnée de la suppression de 550 postes sur les 3 650 que comptait alors le groupe. En juin, elle cédait ainsi son usine de Haverhill (Royaume-Uni) et ses 160 employés à la société américaine Particle Dynamics.
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