Première en France, la collectivité et la fédération francilienne SNL lancent une foncière afin de racheter des logements vacants et les rénover pour les proposer à des publics très précaires, notamment sans abri. Le modèle économique s'appuie sur l'épargne solidaire.Les chiffres du logement vacant progressent en France et dans les grandes villes. Dans la Métropole de Lyon, peuplée d'1,4 million d'habitants, près de 13.000 logements ne sont plus occupés depuis plus de deux ans selon l'institut Novak, cité par la collectivité. Des chiffres à prendre cependant avec prudence, souligne Bruno Bernard, son président. Mais l'enjeu reste immense, alors que la tension sur l'offre et les prix reste très forte sur ce marché, et que l'accès au logement social reste un parcours du combattant.
Ainsi, le Grand Lyon veut s'engager dans une démarché inédite à l'échelle des métropoles françaises : racheter, avec la fédération francilienne Solidarité Nouvelles pour le Logement (SNL), des logements vacants du parc privé, qui intégreront une nouvelle foncière au statut de société coopérative d'intérêt collectif (SCIC), nommée Coopérative Logement d'Abord. Cette dernière les rénovera, puis les proposera à la location sociale à des personnes dans une situation de grande précarité pour une durée moyenne de trois ans.
« L'objectif est de mobiliser le parc privé pour faire du logement très social et s'adresser à des publics en grande difficulté, qui n'ont pas accès au logement », comme des personnes sans domicile fixe, explique Renaud Payre, vice-président de la Métropole de Lyon délégué à l'habitat.
Les logements seront ainsi conventionnés PLAI (Logements très sociaux à bas niveau de quittance) ou ANAH (Agence nationale de l'habitat).
Mobiliser le parc privé plutôt que les bailleurs sociaux
Pour ce faire, le Grand Lyon prévoit de mettre au vote ce lundi 17 novembre une enveloppe de 1,3 millions d'euros, mais aussi de faire rentrer dans le parc de cette nouvelle foncière entre 20 et 50 logements dont il est lui-même propriétaire, mais qui n'ont pas trouvé acquéreurs chez les bailleurs sociaux.