À Dijon, E-sensia relance l’IA prédictive pour la maintenance ferroviaire
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Ludmilla Grzelak, présidente de E-Sensia, et Olivier Brousse, directeur général de E-Sensia
E-Sensia
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Ludmilla Grzelak, présidente de E-Sensia, et Olivier Brousse, directeur général de E-Sensia
E-Sensia
La fin de Yumain, actée après son placement en liquidation judiciaire l’été dernier, a laissé un vide dans l’écosystème technologique local. Cette PME de Fontaine-lès-Dijon, pionnière de l’analyse d’images par intelligence artificielle pour la maintenance prédictive, n’a pas survécu à ses difficultés financières et à des divergences entre actionnaires, malgré des technologies reconnues et des débouchés industriels, notamment avec SNCF Réseau.
C’est dans ce contexte qu’est née E-sensia, portée par Ludmilla Grzelak, présidente, et Olivier Brousse, directeur général et docteur en IA, tous deux anciens de Yumain. Leur projet : repenser en profondeur l’usage de l’intelligence artificielle pour l’inspection des pantographes, ces bras articulés situés sur le toit des trains qui captent l’électricité via les câbles aériens.
Contrairement aux solutions existantes - souvent fondées sur des dispositifs lourds de type lidar ou sur des architectures centralisées reposant sur l’envoi massif de données vers des data centers - la PME dijonnaise fait le choix d’une IA embarquée directement sur l’infrastructure. Des caméras captent le passage des trains, filtrent les images et n’envoient que les données utiles après analyse locale. « L’intelligence artificielle agit comme un filtre pour ne remonter que l’information pertinente », explique Olivier Brousse.
Ce positionnement tranche avec celui d’acteurs concurrents tel que Pantoinspect. E-sensia assume un compromis technologique : détecter les défauts majeurs plutôt que les micro-anomalies, afin de répondre strictement au besoin exprimé par SNCF Réseau tout en abaissant fortement les coûts. « Le facteur différenciant, c’est le rapport entre le besoin exprimé et le prix de la solution », résume le dirigeant.
Développée en co-construction avec SNCF Réseau sur plusieurs années, la solution est aujourd’hui en phase de validation technique, avec des premiers dispositifs déployés, notamment en Île-de-France. L’entreprise travaille également avec le réseau de tramway de Mulhouse (Soléa), filiale du groupe Transdev, un premier point d’entrée stratégique pour adresser ce marché en plein développement. Les montants de ces contrats restent confidentiels.
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