Avec 7.400 emplois, soit près de la moitié des effectifs de la filière viande régionale, l’élevage bovin demeure un socle économique structurant pour la Bourgogne-Franche-Comté.
La filière bovine en Bourgogne-Franche-Comté traverse une phase de mutation profonde. Si elle reste un poids lourd en matière d’emplois et d’aménagement du territoire, sa rentabilité et son avenir apparaissent de plus en plus fragilisés, au moment même où l’entrée en vigueur de l’accord Mercosur ce 1er mai fait craindre une nouvelle déstabilisation.
L’entrée en vigueur provisoire de l’accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur, ce 1er mai, ouvre une nouvelle phase pour la filière bovine française. Le texte prévoit notamment l’instauration d’un quota d’importation de viande bovine sud-américaine, limité à 99 000 tonnes par an, avec des droits de douane réduits à 7,5 %.
L’accord maintient par ailleurs certaines exigences sanitaires, comme l’interdiction des hormones de croissance, et prévoit des mécanismes de sauvegarde permettant de restreindre les importations en cas de déséquilibre du marché.
Si ces garde-fous visent à contenir les effets de la libéralisation, ils ne dissipent pas toutes les interrogations.
Dans des régions d’élevage comme la Bourgogne-Franche-Comté, où la production bovine structure une partie de l’économie rurale, l’accord s’inscrit dans un contexte déjà marqué par des mutations profondes. L’élevage bovin y demeure un socle économique et territorial important. Il participe à l’activité des zones rurales, à l’entretien des paysages et à l’équilibre agricole régional.
Mais derrière ce rôle structurant, la filière fait face à des fragilités persistantes. « On est sur une activité qui mobilise beaucoup d’emplois mais qui génère relativement peu de valeur », souligne Guillaume Volmers, chef de projets à l’Insee. Ce déséquilibre tient en grande partie à la place des éleveurs dans la chaîne de valeur. Positionnés en amont, ils captent moins de richesse que les acteurs de la transformation et de la distribution. « Comme dans beaucoup de filières, la valeur se crée davantage à la fin qu’au début », observe-t-il.
La filière est également engagée dans un mouvement de transformation structurelle. Le nombre d’exploitations diminue, tandis que les élevages restants tendent à s’agrandir. Une évolution qui s’inscrit dans une tendance plus large de concentration agricole.
Newsletter
Ma Tribune
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.
À cela s’ajoute une évolution de la demande. La consommation de viande bovine recule progressivement en France, concurrencée notamment par la volaille, perçue comme plus accessible et mieux alignée avec certaines attentes sanitaires ou environnementales. « S’il n’y a plus de débouchés pour ce que produisent les éleveurs, il n’y a pas vraiment de solution », met en garde Guillaume Volmers.