Une gare du Jura devient le laboratoire de la transition ferroviaire régionale
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L’ombrière photovoltaïque du parking permet à la gare d’être totalement autonome en électricité.
Xavier Ducordeaux
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L’ombrière photovoltaïque du parking permet à la gare d’être totalement autonome en électricité.
Xavier Ducordeaux
Dans le Jura, la gare de Mouchard illustre une mutation plus large du ferroviaire français. À l’échelle nationale, le réseau reste partiellement dépendant du thermique, tandis que les technologies de rupture comme l’hydrogène ou les biocarburants peinent encore à passer à l’échelle industrielle. Dans ce contexte, les régions structurent des politiques de transition pragmatiques, combinant modernisation des infrastructures et adaptation progressive des usages.
Le président de Région était en visite ce mardi, en gare de Mouchard (Jura), pour souligner l’aboutissement des travaux du pôle d’échanges multimodal, inaugurés en mai 2024. Cette gare y est présentée comme un site pilote, aux côtés d’autres expérimentations régionales comme à la gare de Sens.
Pensée comme un démonstrateur, la gare jurassienne incarne une approche centrée sur la performance des infrastructures. Elle combine plusieurs innovations. Le site repose d’abord sur une ombrière photovoltaïque de 650 m², permettant une autoconsommation électrique à 100 %, une première en France.
Ce dernier intègre également 16 candélabres solaires qui réduisent la consommation énergétique du site, ainsi qu’un enrobé bas carbone d’origine végétale permettant jusqu’à 50 % de réduction des émissions de CO₂ sur ce poste. Pour Michel Neugnot, vice-président en charge des transports à la Région, cette démarche repose sur une logique d’expérimentation maîtrisée : tester, évaluer, ajuster. Le modèle de la gare de Mouchard a d’ailleurs confirmé la fiabilité des dispositifs énergétiques et des systèmes d’éclairage intelligent. L’impact économique direct, comparé au coût de circulation d'un train, reste toutefois limité à l’échelle du ferroviaire, mais la logique est ailleurs : « c’est l’effet colibri », résume l’élu, qui défend une addition de micro-améliorations au service de la transition.