Dans son rapport, la juridiction financière alerte sur de profondes failles : comptes insuffisamment fiables, évaluations patrimoniales erronées et engagements hors bilan occultés, au point de fragiliser la transparence et le pilotage financier de la collectivité.Dans son rapport publié ce 28 avril, la chambre régionale des comptes Pays de la Loire dresse un constat sévère de la gestion financière de la ville d’Angers depuis 2019. Si la situation budgétaire est jugée globalement « maîtrisée », la juridiction financière alerte sur de profondes failles qui l'interrogent sur la capacité de la collectivité à faire face aux enjeux des prochains mandats.
Une information financière incomplète et parfois insincère
Premier motif d’alerte : la qualité de l’information financière. La CRC relève que 40 % des documents budgétaires, ceux présentés par fonction, ne donnent pas une image fidèle de la réalité. Des clés de répartition inchangées depuis plus de dix ans aboutissent à des incohérences majeures, notamment sur la masse salariale.
Ainsi, le compte administratif 2024 indique que 26 % des charges de personnel relèvent de l’éducation, de la culture, de la jeunesse et du sport, quand le budget primitif 2025 annonce 44 %. Résultat : les élus débattent sur la base d’« informations contradictoires » et les citoyens peinent à comprendre l’usage réel des deniers publics, d'après la chambre.
Plus préoccupant encore, la juridiction financière pointe également l’absence d’inscription de 42,4 millions d’euros d’engagements hors bilan, pourtant obligatoires. Essentiellement liés aux concessions d’aménagement et au portage foncier confié à Angers Loire Métropole, ces montants représentent l’équivalent d’une année de dépenses d’investissement et masquent des obligations financières pourtant bien réelles.