Dans les Pays de la Loire, des acteurs du reconditionnement de smartphones notamment, constatent un regain d'activité. Le conflit au Moyen-Orient qui nourrit l'inflation, combiné à une pression durable sur les semi-conducteurs et les composants électroniques, portent cette tendance.La fabrication des puces repose sur des flux logistiques mondialement interconnectés et particulièrement vulnérables. La situation au Moyen-Orient fait donc planer un risque durable sur l’approvisionnement mondial, susceptible d’alourdir encore les coûts de production des smartphones, devenu un produit du quotidien.
« Entre tensions géopolitiques, pression sur les composants électroniques, hausse des coûts énergétiques et investissements massifs liés à l’IA, plusieurs facteurs poussent vers une hausse structurelle du coût du neuf », analyse Stanislas Husson, directeur général d’Econocom Factory qui reconditionne des smartphones, ordinateurs, tablettes et montres connectées.
Cette pression se matérialise jusque dans les chaînes de production des semi-conducteurs, dépendantes de ressources critiques et de voies logistiques particulièrement exposées. « Les machines qui servent à fabriquer les puces utilisent de l’hélium pour le refroidissement et près de 30 % de l’hélium mondial transite par le détroit d’Ormuz. Si la situation ne s’améliore pas, il y aura forcément des tensions à venir », explique à La Tribune Christophe Brunot, cofondateur de Largo (Nantes), également spécialiste du reconditionnement.
La PME ligérienne de 76 salariés cotée en Bourse a franchi le cap des 700.000 smartphones reconditionnés depuis sa création il y a dix ans.
Dans ce contexte, les fabricants pourraient être contraints de répercuter ces hausses. Plusieurs analystes anticipent une augmentation de 10 % à 20 % des prix des smartphones neufs en 2026. « On observe déjà une hausse globale des coûts du neuf et une plus grande volatilité du marché, avec des délais d’approvisionnement parfois plus fluctuants qu’auparavant », confirme Stanislas Husson.
« Un effet d’aubaine » pour le reconditionné
Cette inflation agit comme un puissant accélérateur pour le marché du reconditionné alors que le terrain est déjà favorable. « En France, un consommateur sur deux a déjà acheté un smartphone d’occasion et plus d’un sur cinq utilise aujourd’hui un appareil de seconde main », rappelle Largo qui observe un net rebond de ses résultats, à 10,5 millions d’euros, au cours du premier semestre.