Nos déchets : une ressource stratégique qui mérite qu'on reste mobilisés

David Lamy - Vice Président Exécutif Recyclage et Valorisation France - Suez
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La Tribune Now - Actualités et analyses

David Lamy - Vice Président Exécutif Recyclage et Valorisation France - Suez
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Notre langue ne manque pas de mots pour décrire les déchets : rebuts, rejets, ordures…Des mots pas toujours engageants, auxquels, chez SUEZ, nous préférons celui de ressource. C’est le terme qu’il conviendrait d’utiliser pour qualifier ce qui est aujourd’hui une source d’énergie locale et compétitive, de matières premières secondaires, de résilience territoriale.
Tirer toute leur valeur des déchets requiert une action volontariste, collective, constante. La 6ème édition du baromètre Odoxa-SUEZ « Les Français et la réduction des déchets » dresse un constat sans appel : l’engagement individuel des Français en la matière recule fortement. Seuls 39% d’entre eux déclarent trier régulièrement leurs biodéchets. Ceux qui ont renoncé dans la durée aux produits jetables ne sont que 27%, en baisse de 5 points par rapport à l’année précédente. Nous avons encore du chemin à parcourir.
Soulignons néanmoins les progrès importants réalisés ces dernières années. La France a généré 10 millions de tonnes de déchets de moins en 2022 qu’en 20101. En 10 ans, le tri des déchets ménagers a augmenté de 20%2. Notre baromètre démontre que près de 2/3 des Français estiment que leur collectivité met suffisamment de moyens pour les aider à limiter leurs déchets3. Mais, comme dans toute transformation, les premières actions mises en œuvre sont souvent les plus impactantes, et peuvent rapidement atteindre un palier. Nous y sommes arrivés, au moment même où nous devons accélérer. Alors, comment redonner à chacun l’envie de s’engager pour produire moins de déchets et mieux valoriser ceux qui ne peuvent être évités ?
Réduire les déchets produits est bien sûr la première nécessité. Des solutions sont déjà largement déployées sur le territoire : modèles contractuels basés sur la performance, favorisant la réduction des volumes à la tonne collectée ; ambassadeurs ou guides du tri pour accélérer le réemploi ; ressourceries…
Mais il est aussi essentiel de redonner tout son sens au geste de tri. Parce qu’un déchet mal ou non trié n’est pas recyclé. Dans les foyers, les entreprises, les espaces publics, ce geste doit être un réflexe et non une injonction. Il doit être perçu pour ce qu’il est : un geste d’avenir, une contribution à la production de nouvelles matières, parfois stratégiques, qui participent à la réduction de nos importations, à la préservation des ressources naturelles, à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Les choses vont dans le bon sens, comme le montre l’exemple des déchets électriques et électroniques. En 2025, 1/3 des Français déclarent avoir des difficultés à les trier, pourtant près de 9 sur 10 ont le bon réflexe quand il s’agit de s’en séparer4.
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Alors, dans un contexte de vents contraires, gardons collectivement ce cap. Et continuons à changer le regard que nous portons sur nos déchets pour en extraire tout leur potentiel.
1 La production et le recyclage des déchets en France – Extrait du Bilan environnemental 2024 | Données et études statistiques
2 Les déchets ménagers et assimilés : plus de 600 kg collectés par habitant en 2021, le tri en hausse de plus de 20 % en 10 ans - Insee Première - 2055
3 Baromètre Odoxa-SUEZ «Les Français et la réduction des déchets», 2025
4 ibid