Fondée par deux anciens de la DGSE, Laurent Oudot et Elena Poincet, et dirigée par cette dernière, Tehtris s’est rapidement démarquée au sein de l’écosystème bordelais de la tech et surtout sur la carte tricolore de la cybersécurité. Tout particulièrement en levant 64 millions d’euros en deux fois en 2020 et 2022 pour développer sa suite logicielle automatisée de détection des cyberattaques. Un cyber-vaccin « capable de neutraliser 10.000 menaces à chaque minute » encensé par le gouvernement en 2023.
Mais depuis 18 mois, la situation s’est nettement compliquée. « Force est de constater que les résultats ne sont pour l’instant pas à la hauteur des fortes ambitions affichées et des moyens très importants qui y ont été consacrés », jugeait ainsi un investisseur il y a quelques semaines. Conséquence directe, Tehtris vient de faire homologuer un plan de suppression de 43 postes, soit environ 25 % de l’effectif, pour ramener l’entreprise à 125 personnes en fin d’année. Bien loin des 270 salariés que comptait la start-up il y a deux ans.
Et cette réduction d’effectif s’accompagne désormais du départ d’Elena Poincet qui incarnait pourtant l’entreprise depuis sa création il y a quinze ans. Contrainte de quitter le navire, la PDG est remplacée par un duo expérimenté : Jean-Philippe Lion, qui était directeur des opérations depuis mai 2025, est nommé directeur général, tandis que Richard Vacher Detourniere prend la présidence exécutive de l’entreprise. Présent au board de Tehtris depuis trois ans, ce dernier a occupé des fonctions de direction chez Provepharm Life Solutions (pharmacie), Odigo (relation client), Verimatrix (cybersécurité) et Inside Secure (semi-conducteurs). De son côté, Laurent Oudot, l'autre cofondateur, reste directeur technique.