Peu après les premières frappes israélo-américaines sur Téhéran, des millions d’Iraniens ont reçu une notification inattendue sur leur téléphone. Une application de prière très populaire avait été piratée pour diffuser un message appelant à la reddition et à la chute du régime.Quelques minutes à peine après les premières explosions qui ont secoué Téhéran, la capitale de l'Iran, un message inhabituel a surgi sur des millions de téléphones iraniens. Une notification envoyée par l’une des applications de prière les plus populaires du pays indiquait « l’aide est arrivée » sur les écrans, allusion à la déclaration de Donald Trump le 13 janvier qui avait déclaré que « l'aide est en route ».
Selon les captures d’écran relayées par le média WIRED Middle East, la première notification est apparue à 9 h 52 (heure de Téhéran), soit sept minutes après les premières frappes israélo-américaines le 28 février. Pendant environ une demi-heure, une salve de messages s’est succédé.
À 10 h 02, un texte proclamait : « Le temps de la vengeance est venu », promettant que « les forces répressives du régime paieront pour leurs actions cruelles ». À 10 h 14, un autre message exhortait les militaires à déposer les armes : « L’ère des dictateurs est terminée. Ne sacrifiez pas vos vies pour un régime déjà tombé. Déposez les armes et rejoignez votre peuple. » Au même moment, le président américain Donald Trump appelait publiquement les Iraniens à « reprendre le contrôle » de leur gouvernement lors de sa première déclaration publique. Un message politique direct, qui fait écho aux notifications reçues sur les téléphones, sans qu’aucun élément ne permette, à ce stade, d’établir un lien formel entre ces déclarations et le piratage de l’application.
Une application consultée par des millions d'Iraniens
L’application visée, « BadeSaba Calendar » est une référence pour des millions d'Iraniens. Elle sert de calendrier religieux et d’outil pour les horaires de prière (azan). Sur le Google Play Store, elle revendique plus de 5 millions de téléchargements, et, selon le chercheur en cybersécurité Lukasz Olejnik (King’s College), elle totaliserait même 37 millions d’installations. « BadeSaba n'est pas une appli de niche », écrit-il sur le réseau social X (anciennement Twitter). « C’est l’une des applications les plus populaires en Iran. Détourner ses notifications, c’est comme pirater l’application météo de la BBC pour y diffuser un message de guerre. »