Apple : le pari réussi de l'iPhone 17 pousse la valorisation au-delà de 4 000 milliards de dollars
latribune.fr
Apple a rejoint le club très fermé des entreprises valorisées à 4 000 milliards de dollars, un seuil atteint en pleine incertitude sur sa stratégie en intelligence artificielle. Malgré les doutes des investisseurs, la prime de valorisation est élevée.
JIR/YL - REUTERS - Jason Reed
Apple est devenu ce mardi la troisième entreprise technologique à dépasser les 4 000 milliards de dollars de valorisation boursière grâce au succès immédiat des nouveaux modèles d’iPhone lancés début septembre. Ce rebond apaise pour l’heure les inquiétudes persistantes du marché concernant l’absence de stratégie offensive et lisible du groupe dans la course à l’intelligence artificielle.
Le signal est clair : même sans être en tête de la révolution de l’intelligence artificielle, le matériel règne encore en maître chez Apple. L’action du groupe a touché un sommet historique en début de séance à Wall Street, s’échangeant à 269,2 dollars après avoir franchi la barre symbolique des 4 000 milliards de dollars de valorisation boursière totale.
L’essentiel du mouvement s’est joué après le lancement des derniers smartphones. Depuis le 9 septembre, le titre s’est apprécié d’environ 13 %, annulant les contre-performances enregistrées plus tôt dans l’année. Chris Zaccarelli, chef des investissements chez Northlight Asset Management, le résume ainsi : « L’iPhone représente plus de la moitié des bénéfices et des revenus d’Apple. Plus ils placent de téléphones entre les mains des utilisateurs, plus ils poussent de personnes dans leur écosystème. »
L’iPhone 17 et l’iPhone Air, remparts contre la Chine et Samsung
Les nouveaux modèles, dont l’iPhone 17 et l’iPhone Air, ont non seulement inversé la tendance aux États-Unis, mais ils ont également séduit les clients, de Pékin à Moscou, peu après leur mise en vente. Les ventes initiales de l’iPhone 17 ont surpassé celles de son prédécesseur de 14 % aux États-Unis et en Chine, selon les données du cabinet de recherche Counterpoint.
Ce rebond est d’autant plus significatif qu’il intervient dans un contexte de forte tension. Plus tôt, cette année, l’action Apple avait souffert des doutes liés à la concurrence accrue en Chine et des incertitudes autour de la gestion des droits de douane américains élevés imposés aux économies asiatiques, notamment la Chine et l’Inde, qui sont ses principaux centres de fabrication. Le design mince de l’iPhone Air est considéré comme un atout majeur pour contrer des rivaux agressifs comme Samsung.
Les investisseurs anticipent d’ailleurs une dynamique forte. Le courtier Evercore ISI table sur le fait que cette demande soutenue pour les derniers iPhones permettra à Apple de dépasser les attentes du marché pour le trimestre clos en septembre, et de délivrer des prévisions optimistes pour le trimestre se terminant en décembre.
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Course à la valorisation
Apple est la troisième entreprise à atteindre le seuil des 4 000 milliards de dollars. Elle rejoint Nvidia et Microsoft dans ce club ultra-exclusif des Big Tech. Nvidia domine le palmarès avec une valorisation de plus de 4 500 milliards de dollars. Microsoft a, pour sa part, retrouvé sa place dans le club après que son action a augmenté de 2,2 % à la suite d’un accord avec OpenAI permettant au créateur de ChatGPT de se restructurer en une « public benefit corporation » (entreprises d’intérêt public).
Mais c’est la prudence d’Apple face à l’IA a provoqué le plus d’inquiétude chez les investisseurs en début d’année, craignant que la firme de Cupertino ne rate le plus grand catalyseur de croissance de l’industrie depuis des décennies. La direction a été lente à déployer sa suite Apple Intelligence (comprenant une intégration de ChatGPT) et elle a retardé la mise à niveau IA de son assistant vocal Siri jusqu’à l’année prochaine. Plusieurs cadres supérieurs spécialisés en intelligence artificielle ont d’ailleurs quitté Apple au profit de Meta.
Le groupe a bien exploré diverses collaborations avec des acteurs majeurs (Gemini AI d’Alphabet, Anthropic, et OpenAI), mais l’absence de vision claire persiste. « Le manque d’une stratégie bien comprise en matière d’intelligence artificielle est clairement l’un des facteurs qui pèse sur l’action, insiste Chris Zaccarelli. S’ils parvenaient à intégrer l’intelligence artificielle d’une manière qui enthousiasmerait les consommateurs et le marché, vous verriez une entreprise complètement différente. »
Prime de résilience
L’analyse des multiples de valorisation démontre une confiance durable dans le modèle économique d’Apple. L’action se négocie actuellement à 33,2 fois ses bénéfices projetés pour les douze prochains mois (PER forward), selon les données LSEG. Ce multiple positionne Apple avec une prime substantielle par rapport à son indice de référence, le Nasdaq 100, qui s’échange à 27,42 fois ses bénéfices futurs.
Le marché est en effet prêt à payer un prix plus élevé pour chaque dollar de bénéfice futur d’Apple par rapport à la moyenne des grandes valeurs technologiques du Nasdaq. Cette prime témoigne de la confiance des investisseurs dans la prévisibilité des flux de trésorerie du groupe et dans sa capacité à maintenir une croissance des bénéfices supérieure à la moyenne du marché technologique.
Cette valorisation élevée intervient paradoxalement alors que le titre sous-performe l’indice sur l’année : Apple n’a progressé que de plus de 7 % contre environ 22 % pour le Nasdaq. Le marché valorise donc la qualité du bilan d’Apple et la force de son écosystème existant (alimenté par les revenus de l’iPhone, comme le confirment les excellents résultats d’avril à juin) bien plus que le potentiel spéculatif lié à l’IA où elle est en retard.
Apple, qui a publié ses résultats les plus solides depuis des années au cours du trimestre avril-juin, avec une croissance à deux chiffres dans les segments clés et des prévisions supérieures aux attentes des analystes, doit annoncer ses résultats du quatrième trimestre le 30 octobre.