« Nous ne voulons pas de cette IA » : les habitants de l'Utah s'opposent à un projet de data center plus vaste que Paris
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Le centre de données Stratos dans l'Utah s'étendra sur 16 000 hectares.
Stratos
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Le centre de données Stratos dans l'Utah s'étendra sur 16 000 hectares.
Stratos
Indirectement, c’est un combat contre le développement boulimique de l’intelligence artificielle. Le 23 mai dernier, plusieurs centaines de citoyens américains résidant dans l’Utah, État montagneux de l’Ouest des États-Unis, ont manifesté contre un vaste projet de centre de données prévu dans les plaines arides de la région.
Deux semaines plus tôt, l’administration locale avait donné son feu vert à cette infrastructure s’étendant sur 16 000 hectares, déjà dénoncée lors de réunions publiques où des habitants étaient venus conspuer les commissaires fédéraux.
Pire encore, le développement du projet pourrait être accéléré avec l’appui de Washington : le 11 mai dernier, l’EPA, l’agence fédérale américaine de protection de l’environnement, a proposé dans un communiqué d’autoriser la construction de data centers avant même l’obtention de leurs permis antipollution.
C’est un nouveau bras de fer qui s’engage aux États-Unis, celui de David contre un Goliath technologique toujours plus vorace en données, et surtout en énergie. Le projet dans l’Utah, baptisé « Stratos » et porté par Kevin O'Leary, investisseur vedette outre-Atlantique, incarne à lui seul les conséquences de la ruée vers l’intelligence artificielle sur les territoires et leur environnement. À plein régime, Stratos exigerait une puissance phénoménale de 9 gigawatts (GW). Soit plus du double de la consommation électrique moyenne de tout l’État de l’Utah, qui oscille autour de 4 GW.
Face à un réseau public incapable d’absorber un tel choc sans vaciller, les promoteurs ont prévu de construire leur propre centrale thermique privée. Celle-ci sera directement alimentée par le Ruby Pipeline, un immense gazoduc reliant plusieurs États de l’Ouest américain. Sur le papier, la promesse semble séduisante : les serveurs ne prélèveraient « pas un seul électron » aux habitants. Sauf que ce tour de passe-passe énergétique ne fait que déplacer le problème. Pour faire tourner les turbines de sa centrale et alimenter ses puces IA, le campus devra brûler chaque année 12,7 milliards de mètres cubes, selon les calculs de l’ONG Utah Clean Energy. Soit une fois et demie la consommation annuelle de l’Utah, particuliers et industriels compris.
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