Créée en 2012, autour de la promesse de bâtir une nouvelle génération de LED (les microLED) visant à rendre les écrans plus performants et sobres en énergie, le deeptech Aledia poursuit sa longue marche vers l’industrialisation. Après avoir délivré sa première usine fin 2023 en Isère, la spin-off du CEA Leti s’apprête tout juste à lancer la production de ses premiers échantillons de MicroLED à destination du marché.Depuis ses débuts, la startup Aledia rêve de révolutionner le monde des écrans d’affichage en mariant l'univers des LED à celui de la microélectronique. Car en développant des nanofils de nitrure de gallium (GaN) sur des plaquettes de silicium, sa technologie MicroLED promet de contribuer à développer des écrans intelligents, transparents et surtout, plus sobres en énergie. Et de remplacer à l’avenir les technologies LCD et OLED au sein des écrans (montres connectées, tablettes, écrans des véhicules, lunettes de réalité augmentée…)
Mais ce pari commence à dater et fait parfois figure d’un long serpent de mer dans l’écosystème grenoblois : car c’est en 2012 que la start-up, issue du CEA Leti, a commencé sa longue marche vers l’industrialisation. Après une série de plusieurs levées totalisant aujourd’hui un montant XXL de 500 millions d’euros (la dernière série lui avait permis de récolter 120 millions d’euros en novembre 2023, ndlr), Aledia avait alors livré en 2023 sa première usine de 5.000 mètres carrés, à Champagnier (Isère), non loin du berceau de la microélectronique grenobloise.
Depuis son arrivée aux commandes il y a deux ans (en provenance du fabricant allemand de semi-conducteurs AMS-Osram, ndlr), Pierre Laboisse s’était néanmoins attaché à « redesigner » l’entreprise, qui compte désormais 220 salariés, selon un nouveau plan stratégique présenté en février 2024 à ses équipes.
« Lorsque je suis arrivé, j'ai hérité d'une boîte qui n'était pas très focus, qui n'avait pas beaucoup d'argent non plus mais qui avait de grandes ambitions et une belle usine qui était vide à Champagnier », explique Pierre Laboisse à La Tribune. « Nous avons effectué un travail de recentrage et de clarification, en écartant tout ce qui n’avait pas lieu d’être, et en se concentrant uniquement sur la technologie qui avait été développée avec le CEA, la micro-LED 3D Nano-Wire qui est un produit très spécifique ».