Ecrans nouvelle génération : les (très) grandes ambitions d'Aledia avec sa Display Valley
Marie Lyan
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
Au total, la deeptech Aledia, lauréate du FT120, aura planché durant 10 années sur ses travaux de R&D destinés à développer un nanofil innovant, déposé près de 200 brevets, et levé un peu moins de 200 millions d'euros, à travers des séries A à D.
Elle fait partie des pépites qui n’attendent plus que de « passer à l’échelle ». La spin-off du CEA Leti Aledia sera au centre d’une visite d'Agnès Pannier Runacher et Cédric O ce jeudi, à Grenoble. Lauréate du French Tech 120, la deeptech (qui vient de lever boucler deux tranches de financement de 100 millions d'euros cette année) incarne de grandes ambitions avec la première pierre de son site de production, fer de lance d'une nouvelle "Display Valley" en Isère, avec à la clé 500 nouveaux emplois à horizon 2025.
Son site de R&D de 4.000m2, basé dans la banlieue de Grenoble à Échirolles (38), ne sera qu'une première étape. La pépite iséroise Aledia, créée en 2011 et dont la technologie est désormais protégée par 200 familles de brevets, espère décrocher la place de leader mondial, sur le marché naissant des puces LED pour écrans nouvelle génération.
Car si l'on sait qu'un saut technologique attend l'industrie des écrans LEDs, reposant actuellement sur des technologies LCD et OLED, il existe encore une place à prendre pour la technologie qui viendra demain remplacer les écrans des ordinateurs portables, tablettes, smartphones, montres intelligentes, lunettes à réalité augmentée et grands téléviseurs...
Soit un marché potentiel estimé à 120 millions de dollars en cas de pivot technologique, et sur lequel Aledia estime qu'il faut aller vite. Car déjà, des acteurs de taille comme Samsung, Apple, Facebook pensent au coup d'après sur ce marché de l'électronique grand public.
Mais la jeune société Aledia veut croire en ses atouts, puisqu'elle est désormais proche de pouvoir industrialiser sa propre technologie, qui se veut unique sur le marché, de par sa conception, et sur laquelle elle travaille depuis 10 ans. "Tous nos concurrents font du LED traditionnel en 2 couches sur du saphir, alors que nous proposons des nanofils en silicium, plus difficiles à produire mais avec des avantages", affiche son Ceo, Giorgio Anania.
Le saut de la microélectronique
Pour cela, la spin-off du CEA Leti de Grenoble mise sur une technologie héritée de la microélectronique, puisque ses microLEDs utilisent des nanofils de GaN très performants pour des petites géométries, offrant à la fois des gains de consommation énergétique, de brillance, mais aussi de flexibilité, permettant de fabriquer les écrans souples de demain.
« La croissance de ces nanofils en 3D est faite sur des wafers silicium de grandes tailles pour assurer le meilleur compromis performance-coût, par rapport aux technologies LCD et OLED actuelles », précise la société.
Newsletter
Ma Tribune
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.