Cyberattaque contre le ministère des Sports, fuite de données bancaires hébergées par Bercy, piratage massif d'un prestataire de santé exposant des informations hautement sensibles… La nouvelle stratégie nationale de cybersécurité, dévoilée fin janvier par la ministre du Numérique, Anne Le Hénanff, n'a pas tardé à révéler toute son urgence.
Articulé autour de cinq piliers, ce plan sur quatre ans vise d'abord à endiguer la vague d'attaques. Il doit renforcer la résilience des systèmes et mobiliser les ressources humaines pour assurer cette protection quotidienne. L'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi), souvent considérée comme le « cyberpompier » du territoire français, sera au cœur du dispositif. Lors d'un point presse le 4 février dernier, l'agence a précisé qu'elle endosserait un rôle de « chef d'orchestre » dans une logique d’accompagnement élargi, notamment auprès des ministères. L'objectif est d’étendre les mesures de sécurité à ces administrations, particulièrement fragilisées par les dernières attaques.
Qu'il s'agisse de Bercy ou du ministère de l'Intérieur, visés en décembre dernier, les enquêtes ont révélé que des identifiants avaient circulé en clair avant d'être interceptés par des hackeurs. Les médias ont également pointé l'absence de double authentification dans les deux incidents. Cette technologie est pourtant considérée aujourd'hui comme un minimum dans les institutions et entreprises sensibles.