Face à l’arrivée de l’IA autonome capable d’exécuter des tâches complexes, le modèle économique des éditeurs de logiciels pourrait être bouleversé. Mais la réalité est beaucoup plus nuancée. La preuve par trois.Les informations à retenir
Logiciels et IA : la mue ou la fin
Le lancement de « Claude Cowork » par Anthropic, un agent autonome capable d’automatiser des pans entiers de tâches juridiques, commerciales ou d’analyses de données complexes, remet en question la pérennité du modèle économique numérique des géants du logiciel et le modèle SaaS.
Les éditeurs de logiciels accélèrent leur mutation : 83 % placent l’IA en tête de leurs priorités, devant la cybersécurité et le cloud.
Des acteurs comme Cegid et Septeo misent sur l’agentique pour transformer leurs modèles, tout en défendant une IA guidée, centrée sur la confiance, la data et l’expertise métier.
En lançant, le 30 janvier dernier, Claude Cowork, un agent autonome capable d’automatiser des pans entiers de tâches juridiques, commerciales et d’analyses de données complexes, la start-up américaine d'intelligence artificielle Anthropic (dont la valorisation a été portée à 380 milliards de dollars le 13 février dernier) a provoqué la panique sur les marchés financiers américains et européens. Propriétaire de la base juridique Westlaw, Thomson Reuters a ainsi dévissé de plus de 18 %, enregistrant sa clôture la plus basse depuis 2021.
Après des années d'un marché du logiciel structuré par le cloud et le SaaS, l’IA agentique, qui ne se contente plus d’automatiser des tâches mais d’apprendre et de planifier de manière autonome, remet en question la pérennité du modèle économique numérique des géants du logiciel.
Mais la réalité est plus complexe alors même que le secteur affiche, malgré le contexte incertain, une solide croissance (23,1 milliards d’euros en 2024, en progression de 7,4 %).
« Devenir "AI native" »
Selon la dernière étude de EY et Numeum (top 250 des éditeurs de logiciels), l’IA est devenue la technologie la plus citée par les éditeurs (83 %) devant la cybersécurité (73 %) et le cloud/Saas (72 %). Ils sont d’ailleurs 61 % à avoir intégré des fonctionnalités d’IA générative dans leur offre logicielle et 92 % disent avoir mis une solution d’IA à disposition de leurs équipes.