Vague de désinstallations de ChatGPT après l'accord avec l'armée américaine, Claude profite de la fuite

Les notes 1 étoile pour ChatGPT ont grimpé de 775 % en deux jours.
Montage La Tribune

Les notes 1 étoile pour ChatGPT ont grimpé de 775 % en deux jours.
Montage La Tribune
La sentence des internautes est tombée. Sur l'App Store, les utilisateurs américains ont viré l’application mobile ChatGPT ce week-end, après l’annonce d’un partenariat entre OpenAI et le département américain de la Défense. D'après des données de Sensor Tower obtenues par le média TechCrunch, les désinstallations ont bondi de 295 % en un jour, samedi 28 février.
Anthropic a été récompensé. Les téléchargements de Claude, le chatbot concurrent, ont explosé, augmentant de 37 % le vendredi 27 février et de 51 % le samedi 28 février, après que la société a annoncé qu’elle ne collaborerait pas avec l'armée américaine. Anthropic a invoqué des « lignes rouges », refusant que son IA soit utilisée pour la surveillance de masse ou des armes autonomes, des usages qu’elle juge encore dangereux pour la sécurité.
L’annonce de l’accord avec le Pentagone a aussi freiné la croissance des téléchargements de ChatGPT, qui ont chuté de 13 % samedi puis de 5 % dimanche par rapport à la veille. Avant le deal, l’application enregistrait une croissance de 14 % jour après jour. Quant à Claude, l'application est devenue n° 1 sur l’App Store américain samedi 28 février, gagnant plus de 20 places par rapport à la semaine précédente.
Les avis des utilisateurs reflètent également cette controverse. Les notes 1 étoile pour ChatGPT ont grimpé de 775 % samedi, puis de 100 % dimanche, tandis que les notes 5 étoiles ont chuté de 50 %, souligne Sensor Tower. Appfigures confirme la tendance, notant que les téléchargements quotidiens de Claude ont dépassé ceux de ChatGPT pour la première fois, avec une hausse estimée à 88 % samedi. Claude est désormais l’application gratuite n° 1 dans six pays supplémentaires, dont la Belgique, le Canada, l’Allemagne, le Luxembourg, la Norvège et la Suisse.
Tout s'est joué en l'espace de quelques jours. Les négociations entre Anthropic et le Pentagone avaient échoué vendredi dernier. Donald Trump a fini par ordonner aux agences fédérales de cesser d’utiliser les technologies d’Anthropic après une période de transition de six mois. OpenAI, de son côté, a signé un accord pour déployer ses modèles dans des environnements classifiés, en maintenant des « lignes rouges » similaires à celles d’Anthropic d'après le PDG Sam Altman. Dans un billet de blog, la société détaille que ses modèles restent accessibles uniquement via le cloud, que des employés habilités supervisent leur utilisation, et que des protections contractuelles interdisent strictement la surveillance de masse ou les armes autonomes.
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Vraisemblablement, ces garanties n'ont pas convaincu le grand public. Le journaliste Mike Masnick (Techdirt) a estimé que le contrat « autorise bel et bien la surveillance domestique », en pointant une référence à l'Executive Order 12333, un décret que les défenseurs des libertés civiles associent à la collecte par la NSA de communications de citoyens américains, via des câbles situés hors des États-Unis.
Sur X (anciennement Twitter), le PDG Sam Altman reconnaît que l’accord avec le département a été « clairement précipité » et que « les apparences ne sont pas bonnes ». La bataille de l'IA se joue finalement autour de la performance et des choix éthiques.
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