Cybersécurité : Anthropic propose à Bruxelles de tester Mythos
latribune.fr
FILE PHOTO: Silhouettes of laptop users are seen next to a screen projection of binary code are seen in this picture illustration created on March 28, 2018. REUTERS/Dado Ruvic/Illustration/File Photo - FILE PHOTO: Silhouettes of laptop users are seen...
Anthropic propose à l’Union européenne d’accorder à l’Agence de l’Union européenne pour la cybersécurité un accès encadré à son nouveau modèle d’IA Mythos, jugé sensible pour la cybersécurité.
Anthropic ouvre la porte à une forme de coopération inédite avec l’Union européenne autour de son nouveau modèle d’intelligence artificielle Mythos, particulièrement scruté pour ses implications en matière de cybersécurité. Selon des informations rapportées lundi, le groupe américain est prêt à accorder à une agence européenne un accès encadré à ce système encore non public.
D’après un porte-parole de la Commission européenne, Anthropic a proposé à l’Agence de l’Union européenne pour la cybersécurité, Enisa, de rejoindre le programme baptisé « Glasswing », comme l’avait précédemment révélé Bloomberg. Une initiative qui, jusqu’ici, reste réservée à des acteurs basés aux États-Unis et au Royaume-Uni, et qui leur permet de tester le modèle avant sa commercialisation.
Les conditions précises de cet accès sont encore en discussion. Mais du côté européen, le ton est plutôt ouvert. « l’UE voit dans cette proposition « le résultat d’une coopération solide et d’échanges soutenus avec Anthropic » », a indiqué Thomas Regnier, porte-parole de la Commission européenne en charge du Numérique. « Ce nouveau développement est de la plus haute importance, pour mieux comprendre les risques potentiels » liés à Mythos, a-t-il ajouté.
Inquiétudes des régulateurs et des gouvernements
Au cœur des préoccupations : les capacités avancées du modèle Mythos, présenté par Anthropic comme capable de détecter des failles informatiques jusqu’alors inconnues, et ce à une vitesse et une échelle inédites. Une promesse technologique qui, si elle se vérifie, pourrait transformer en profondeur le paysage de la cybersécurité, mais aussi accroître mécaniquement les risques si ces outils tombaient entre de mauvaises mains.
Ces annonces nourrissent depuis plusieurs semaines les inquiétudes des régulateurs et des gouvernements, qui redoutent une possible accélération des cyberattaques automatisées. Le scénario redouté : une IA capable d’industrialiser la recherche de vulnérabilités et de les exploiter avant même que les systèmes de défense ne puissent s’adapter.
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Pour encadrer ces risques, Anthropic a déjà mis en place un programme de test restreint. Lancé début avril, il permet à un cercle limité de partenaires américains – parmi lesquels Amazon, Microsoft et Apple – d’expérimenter les capacités de Mythos en amont de son lancement commercial. L’objectif : identifier et corriger les failles de cybersécurité avant une mise sur le marché à grande échelle.
Depuis, le programme s’est élargi à une cinquantaine d’organismes, incluant notamment un institut lié au gouvernement britannique. Une extension progressive qui témoigne à la fois de la montée en puissance du projet et de la volonté d’Anthropic de rassurer les autorités publiques sur la robustesse de ses garde-fous.