La période de Noël s'annonce particulièrement chargée pour le juge des référés du Tribunal judiciaire de Paris. Ce 9 décembre, le magistrat se trouvait face à deux mastodontes qui se livrent une bataille acharnée sur une fonctionnalité clé des iPhone : d'un côté, Apple, qui défend « la transparence de suivi » par les applications, de l'autre, une vaste coalition réunissant l'ensemble des acteurs de la publicité digitale en France (Alliance Digitale, IAB France, GESTE, MMA France, SRI et UDECAM), qui dénonce un abus de position dominante.
L'affaire ne date pas d'hier. Une première décision avait été rendue par l'Autorité de la concurrence en mars dernier, condamnant le géant de la tech, qui a par la suite fait appel. Désireuse de forcer un changement auprès du colosse californien, l'armada des régies publicitaires a décidé de saisir le juge des référés qui a reporté sa décision au 20 janvier prochain. Si le verdict risque de passer inaperçu aux yeux du grand public, ses conséquences pourraient être considérables pour le traitement des données sur les iPhones.
Concrètement, depuis 2021, Apple a intégré une notification de suivi publicitaire que les utilisateurs d'iPhone voient régulièrement s'afficher lorsqu'ils téléchargent certains types d'applications – jeux vidéo, services gratuits ou freemium, médias et autres. Cette fameuse « pop-up » s'ajoute aux signalements déjà en vigueur exigés par le Règlement général sur la protection des données (RGPD). Elle vise à prévenir l'utilisateur d'un ciblage publicitaire à partir des données qu'il consent à partager s'il clique sur « OK ».