Apple n'a pas dit son dernier mot face à la Commission européenne. Le 30 mai dernier, le géant américain a officiellement contesté devant la justice européenne une disposition clé du DMA, le Digital Markets Act, ce règlement européen censé rééquilibrer le pouvoir entre grandes plateformes et entreprises tierces. Dans son viseur : l'obligation d'ouvrir certaines fonctionnalités d'iOS à ses concurrents. Une mesure qui, selon la marque à la pomme, met en péril son modèle d'intégration et la sécurité de ses utilisateurs.
Dans cette affaire, la Commission européenne exige qu'Apple permette aux accessoires concurrents (écouteurs, montres connectées, casques de réalité mixte...) d'interagir aussi facilement avec l'iPhone que les produits Apple eux-mêmes, comme les AirPods, l'Apple Watch ou le Vision Pro. Il s'agit de garantir, selon Bruxelles, une égalité de traitement dans l'accès aux fonctions avancées d'iOS : appairage simplifié, transferts rapides de données, synchronisation fluide...
Adopté en 2022 et entré pleinement en vigueur en mars 2024, le DMA s'attaque aux comportements jugés anticoncurrentiels des « contrôleurs d'accès », ces grandes entreprises capables de verrouiller l'accès à leur écosystème. Apple fait partie de cette catégorie et doit, à ce titre, rendre ses services et systèmes plus ouverts aux tiers.
Mais le groupe est en désaccord avec la portée du texte. Le constructeur a déposé un recours devant le tribunal de l'Union européenne à Luxembourg, juste avant la date limite. Et les arguments sont tranchants.