Selon une étude du Crédoc, en seulement trois ans près de la moitié des Français ont adopté l’IA générative, bouleversant usages quotidiens, travail et apprentissage.
C’est une bascule rapide, presque brutale. En trois ans à peine, l’intelligence artificielle générative s’est installée dans le quotidien des Français. Selon le baromètre du numérique (*) publié par l’Arcep, le CGE, l’Arcom et l’ANCT, réalisé par le Crédoc, 48 % de la population déclare désormais utiliser ces outils. Ils n’étaient que 20 % en 2023 et 33 % en 2024. Une progression de 15 points en un an.
L’ampleur du phénomène frappe d’autant plus qu’il dépasse les précédentes révolutions numériques. Il avait fallu cinq ans à l’internet fixe pour passer de 23 % à 55 % d’adoption, et trois ans au smartphone pour progresser de 17 % à 46 %. L’IA générative, elle, a atteint près d’un Français sur deux en trois ans seulement.
La dynamique est particulièrement marquée chez les jeunes. 85 % des 18-24 ans utilisent ces outils, contre 33 % des 60-69 ans. L’usage quotidien s’installe : plus d’un tiers des utilisateurs y ont recours tous les jours, avec un pic à 51 % chez les 18-24 ans. Les cadres (76 %) figurent également parmi les plus grands adeptes.
L'IA s'impose face aux moteurs de recherche
Les cas d’usage se structurent rapidement. La recherche d’information domine (73 % des utilisateurs), devant l’aide à la rédaction et à la traduction de textes (58 %), la génération d’idées (57 %) et la création de contenus (42 %). La programmation informatique concerne déjà 30 % des usagers. Fait notable : dans la plupart de ces situations, les utilisateurs privilégient l’IA aux moteurs de recherche traditionnels.
Les résultats du baromètre du numérique 2026. (Crédits : Crédoc)
Le monde éducatif est en première ligne. 73 % des 18-24 ans déclarent utiliser l’IA pour l’aide aux devoirs, tout comme 68 % des 12-17 ans. Le « gain de temps et la productivité » constituent le premier moteur d’adoption (74 %), devant l’ergonomie des outils.
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Le marché se concentre autour de quelques acteurs. ChatGPT d’OpenAI « trône en tête » avec 63 % des usages, loin devant Gemini (13 %). Plus d’un tiers des utilisateurs recourent toutefois à plusieurs IA génératives, signe d’un écosystème encore en exploration.
Confiance et impact environnemental
Reste une zone d’ombre : la confiance. Si la méfiance recule — 52 % des Français se déclarent encore réticents, soit cinq points de moins en un an — elle demeure majoritaire. Le manque de confiance dans les réponses fournies et les incertitudes sur l’usage des données personnelles constituent les principaux freins. Environ 30 % des non-utilisateurs invoquent ces raisons ; 26 % évoquent un manque de compétences.
Les utilisateurs eux-mêmes semblent conscients des enjeux. 46 % estiment que l’impact environnemental de l’IA est supérieur à celui des moteurs de recherche. Et si 64 % déclarent vérifier souvent ou systématiquement les informations générées, une part significative admet privilégier l’efficacité, quitte à ne pas tout contrôler.
Les résultats du baromètre du numérique 2026. (Crédits : Crédoc)
À l’échelle macroéconomique, cette diffusion éclair ouvre des perspectives considérables en matière de productivité et d’innovation. Mais elle pose aussi la question de l’accompagnement, de la formation et de la régulation, alors que l’outil s’impose plus vite que ne l’avaient fait internet ou le smartphone.
Un numérique toujours plus ancré dans le quotidien
Au-delà de l’IA, le baromètre confirme la généralisation des usages numériques. 94 % des Français sont internautes et 84 % se connectent chaque jour. La fibre optique poursuit sa progression, y compris dans les zones peu denses (76 %, +7 points), portant à 78 % la part des abonnés au très haut débit. Côté mobile, 91 % de la population possède un smartphone et 61 % des appareils sont compatibles 5G (+13 points). Les messageries instantanées (86 % d’utilisateurs) et les achats en ligne (74 % en un an) s’imposent durablement, tandis que 38 % des Français ont fait réparer un équipement numérique au cours des trois dernières années, souvent pour des raisons financières ou environnementales.
(*) : Le baromètre du numérique est une étude réalisée par le Crédoc pour lʼArcep, lʼArcom, le CGE et lʼANCT auprès dʼun échantillon représentatif de la population française âgée de 12 ans et plus (3 544 personnes interrogées en ligne, dont 201 jeunes de 12 à 17 ans, et 601 personnes de 18 ans et plus « éloignées du numérique » interrogées par téléphone). Au total, 4 145 personnes ont été interrogées du 5 au 21 juin 2025.