Semi-conducteurs : le grand coup de bluff des Américains
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Dans une usine de semi-conducteurs.
Air Liquide
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Dans une usine de semi-conducteurs.
Air Liquide
« Notre réussite va choquer tout le monde », a déclaré, dans un style très trumpien, le secrétaire au commerce américain Howard Lutnick, ce dimanche sur la chaîne Newsnation. Confiant et décontracté, il vient alors d'affirmer son ambition de partager la production du marché des semi-conducteurs moitié-moitié avec Taïwan. Et prétend que cet objectif serait au cœur des discussions commerciales actuelles avec l’île.
Mais il est vite tombé sur un os. A peine descendue de l’avion qui la ramenait de Washington ce mercredi, la vice-présidente Cheng Li-Chiun a catégoriquement démenti ses propos. « Je tiens à préciser qu'il s'agit de l'idée des États-Unis. Notre équipe de négociation n'a jamais pris d'engagement à parts égales en faveur d'un partage des puces », a-t-elle déclaré, d’après le site Taïwan News. Et même : « Soyez assurés que nous n’avons pas discuté de cette question cette fois-ci et que nous n’accepterons pas une telle condition ».
L’administration Trump croit-elle vraiment pouvoir s'accaparer la moitié de la production taïwanaise de semi-conducteurs ? Cette hypothèse ne peut être écartée tout à fait, les États-Unis étant très préoccupés par leur dépendance à l’égard de Taïwan. La menace d’invasion chinoise, bien réelle, pourrait aboutir à ce que Pékin s’accapare en effet les capacités de production de l’île.
Toutefois, naïveté ou mauvaise foi, le secrétaire au Commerce a tout de même reconnu que son projet était «herculéen » et que tout le monde lui disait que « c’est impossible ». Peu précis sur les chiffres, il ne vise peut-être pas 50 % finalement, mais 40 % de la fabrication et avant la fin du mandat de Donald Trump, ce qui nécessiterait plus de 500 milliards de dollars d’investissements, selon lui.
Une telle délocalisation est tout simplement impossible, surtout d’ici à janvier 2029, soit quasiment dans deux ans. La construction d’une seule usine prendrait trois à quatre ans. Mais ce n'est pas tout. « Les conditions ne sont pas réunies aux États-Unis pour répliquer le modèle de production de TSMC, en grande partie en raison du manque de main d’œuvre qualifiée et de l’absence d’un écosystème comparable à celui de Taïwan », nous assure également un observateur du marché.
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