Nvidia débauche l’équipe dirigeante de Groq
latribune.fr

Nvidia domine le marché avec des processeurs polyvalents, utilisés aussi bien pour l'entraînement des modèles que pour leur déploiement à grande échelle.
Reuters
latribune.fr

Nvidia domine le marché avec des processeurs polyvalents, utilisés aussi bien pour l'entraînement des modèles que pour leur déploiement à grande échelle.
Reuters
Nvidia frappe un nouveau coup dans la bataille mondiale des puces dédiées à l’intelligence artificielle. Le groupe américain a annoncé mercredi le recrutement de plusieurs membres de l’équipe dirigeante de Groq, une start-up californienne spécialisée dans les processeurs conçus pour l’IA générative. Sont concernés le directeur général et cofondateur Jonathan Ross, le président Sunny Madra, ainsi que « d’autres membres de l’équipe », selon un communiqué succinct de Groq, à ne pas confondre avec le Groc d'Elon Musk.
L’annonce a rapidement alimenté les spéculations sur une acquisition. Quelques minutes auparavant, la chaîne CNBC citait un investisseur affirmant que Groq allait être rachetée pour 20 milliards de dollars. Une information démentie peu après. « Nvidia ne va pas acquérir Groq », a indiqué à l’AFP une source proche du dossier, contredisant notamment Alex Davis, dirigeant de la société de capital-investissement Disruptive, cité par CNBC. Sollicitées, les deux entreprises se sont refusées à tout commentaire supplémentaire.
Dans les faits, l’opération s’apparente à une « acqui-hire », une pratique bien connue dans le secteur technologique. Elle consiste à recruter les principaux dirigeants - et souvent les talents clés - d’une entreprise concurrente, sans en prendre le contrôle capitalistique. Ce type de montage permet à l’acquéreur de renforcer rapidement ses compétences, tout en évitant les contraintes réglementaires et financières liées à une acquisition classique.
Cette stratégie connaît un regain d’intérêt avec l’accélération de la course à l’intelligence artificielle, où les compétences humaines sont devenues aussi stratégiques que les technologies elles-mêmes. En juin, Meta avait déjà recouru à un procédé comparable avec Scale AI, spécialiste de la structuration des données pour l’IA, en attirant son dirigeant Alexandr Wang sans prendre le contrôle total de la société.
Fondée en 2016, Groq s’est distinguée par une approche très spécialisée. La start-up a développé des puces baptisées LPU (language processing unit), optimisées pour l’inférence, c’est-à-dire l’utilisation des grands modèles d’IA générative une fois entraînés, avec un accent particulier sur l’efficacité énergétique. À l’inverse, Nvidia domine le marché avec des processeurs polyvalents, utilisés aussi bien pour l’entraînement des modèles que pour leur déploiement à grande échelle.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité tech.

À lire également
Jonathan Ross revendiquait cette différenciation. « Nvidia et Jensen Huang sont comme Michael Jordan, le plus grand joueur de basket de tous les temps », expliquait-il à l’AFP en 2024. « Mais l’inférence, c’est comme le baseball. Et quand Michael Jordan s’est essayé au baseball, il n’a pas été très bon. »
(Avec AFP)
latribune.fr